8 choses folles sur mes premières semaines avec bébé

Hier, ma fille a eu vingt-et-un jours. Trois semaines, tout rond. Seulement trois semaines, déjà trois semaines… Comme la semaine dernière tu as adoré lire (et commenter, merci !) les dix trucs qui m’ont surprise lors de mon accouchement (ici), je reviens avec huit anecdotes sur mes premières semaines de maman. « Un bébé, ça change la vie », je m’y attendais. Mais j’ai été surprise par le reste !

1 ∇ J’ai détesté le séjour à la maternité

J’avoue que j’étais un peu sceptique quand on me disait que j’allais profiter du séjour pour me reposer et prendre des forces. Il n’y a qu’un endroit où je me repose : chez moi. Mais bon, tout le monde s’accordait à dire que la maternité était le paradis. Ok, ok. Moi, ça m’a exténuée. Il faisait quarante degrés dans ma chambre et le lit était en plastique, je mourais de chaud.

Les repas étaient satisfaisants (j’ai même pu bénéficier d’une option végétarienne) mais ce n’est pas non plus de la grande cuisine et c’est redondant. Le riz blanc, le steak de soja un peu sec, les crudités fades et les pommes de la région, ça va bien une fois.

Le personnel a été globalement bienveillant mais… Il changeait chaque jour. Et le discours qui allait avec aussi. C’est comme s’il n’y avait pas de ligne directrice. Et j’avais aussi un sentiment de déresponsabilisation : chacun pensait que son collègue m’avait déjà montré les gestes, donné des recommandations etc. Le manque de communication aurait pu faire foirer mon allaitement, ça me laisse un goût amer…

Personne ne m’a écouté quand j’ai alerté sur le fait que ma fille mangeait mal et que je lui soupçonnais un début de jaunisse. Au final, j’ai dû rester un jour de plus, le temps de solutionner ces deux problèmes que j’avais pourtant détecté et signalé très tôt.

Et globalement, je ne trouve pas reposant d’être quelque part où du personnel peut rentrer à tout moment dans ta chambre. Et où tu reçois des visiteurs à qui tu ne peux proposer qu’une ou deux chaises et du café à 80 centimes au distributeur… Bref, je n’ai pas dormi d’une semaine, je me suis ennuyée et j’étais frustrée.

2 ∇ Mon mari a été indispensable

Non pas que j’ai douté de moi ; à vrai dire, j’ai même été surprise de mon aisance face à mon bébé. Alors oui, c’est chouette de partager l’apprentissage des premiers gestes, tout ça, tout ça. Mais là où j’ai été surprise, c’est que noyée sous les hormones, je suis restée dans ma bulle une grosse semaine. Je n’étais plus la même personne.

La psychorigide en moi a fermé son clapet. Je n’avais qu’une envie ; regarder ma fille, lui parler et rêver d’elle quand elle n’était pas sous mes yeux. Grâce à mon mari, j’ai pu rester dans cet état d’émerveillement aussi longtemps que nécessaire. Il a géré l’administratif, mais aussi l’intendance, les premières visites à la maison… Moi, je ne servais à rien, je n’étais plus là. Déconnection totale.

J’ai vécu quelques jours hors du temps grâce à lui. Si tu peux autant compter sur ton conjoint, n’hésite pas à en profiter. J’ai pu revenir à la réalité à mon rythme, en douceur. Et ça, ça n’a pas de prix.

3 ∇ La tension émotionnelle de la première semaine est dingue

J’avais lu beaucoup de choses et comme j’intellectualise tout, je ne pensais pas me laisser submerger. Fidèle à moi-même, j’ai gardé un oeil éclairé et critique sur mes comportements et mes sentiments mais j’ai quand même réussi à profiter de l’ascenseur émotionnel.

Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que je crois qu’il faut le vivre pour le comprendre. Mais pour résumer grossière, j’ai été prise d’une vague de bonheur et de gratitude sans précédent. C’est un tour de Space Mountain qui dure plusieurs jours et c’est juste fou.

4 ∇ Je me sens concernée et émue par les grossesses et les naissances des autres

Je n’ai jamais aimé les enfants, ces petits êtres mal élevés et pleurnichards. Je n’avais pas spécialement envie d’en avoir non plus. Et je ne comprenais absolument pas l’enthousiasme des gens pour les grossesses et les naissances des autres. Quand j’étais enceinte, je me sentais mal à l’aise face aux réactions mielleuses, excitées ou trop bienveillantes. Ça sonnait faux à mes oreilles.

Et puis j’ai accouché, j’ai tenu ma merveille dans mes bras et une ampoule s’est allumée. J’ai tout à coup été comme reliée à toutes les mères du monde. Je rêve de groupes de discussion autour de la maternité, j’ai envie d’envoyer des cadeaux à tous les enfants que je connais (mais je ne le fais pas de peur que tout le monde se sente obligé d’offrir quelque chose à ma fille en retour ^^) et je m’extasie à chaque annonce de grossesse et à chaque étape (échographie, découverte du sexe, accouchement…). J’en suis. Je fais partie du clan des mamans (poke Aurélie ;))

5 ∇ Je suis sereine, calme et ma susceptibilité a (presque) disparu

Je le répète, et tu le sais si tu me lis depuis longtemps mais je suis une psychopathe avec moi-même. Une fois la première semaine passée (celle pleine d’émotions et de rêves bleus), je suis redevenue moi. Mais je suis passée à une nouvelle version. C’est à dire que mes exigences n’ont pas baissé mais je me sens plus détendue.

C’est comme si rien ne m’atteignait alors que j’étais à fleur de peau enceinte. Je n’espère qu’une chose, c’est que ça dure ! Quand je râlais qu’on envahissait trop mon espace durant ma grossesse, beaucoup de filles m’ont dit que c’était pire après. C’est bien vrai pour moi : je reçois des dizaines de conseils non sollicités. Ça pourrait me sortir par les yeux mais pour le moment ça me passe au-dessus de la tête, je n’écoute même pas. Je souris bêtement et je fais ce que je veux.

Je me connais et je sais que cette soudaine vague de sérénité n’est que le calme avant la tempête mais je profite de cet état de zénitude que je n’avais jamais connu de ma vie. 

6 ∇ Contre toute attente, j’ai décidé d’allaiter ma fille au sein

Ça, c’est la grande surprise de ma vie. Je n’ai rien contre les femmes qui allaitent au lait maternel mais je pensais en être moi-même incapable. En fait, je ne voyais que les inconvénients et pire, l’idée même me mettait mal à l’aise. Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que ça mériterait un article entier mais deux jours avant l’accouchement, j’ai changé d’avis.

Sauf que voilà, je n’étais pas du tout préparée, je n’avais rien lu et quasiment rien entendu sur le sujet. À la clinique, j’ai dit à mon mari que je détestais allaiter mais que j’adorais allaiter ma fille. Ça n’a pas de sens, je sais, tu commences à me connaître 😉

Trois semaines plus tard, je ne ressens toujours pas la magie de l’allaitement. Beaucoup de femmes qui le pratiquent parlent d’un moment intense et privilégié. Cependant je me sens bien dans l’allaitement au lait maternel : je suis en accord avec mes principes (je ne vole pas le lait d’une vache destiné à son bébé pour nourrir le mien), c’est économique, écologique. Et c’est, paraît-il, la meilleure alimentation possible pour mon enfant.

Je n’aurais jamais cru allaiter de ma vie. Jamais. Il faut croire que rien n’est figé.

7 ∇ Un bébé peut ne pas pleurer (ou presque)

Encore des préjugés et des commentaires désagréables reçus pendant ma grossesse… J’ai dû entendre à peu près un million de fois « on verra si tu as toujours le temps de faire ci ou ça après la naissance », « repose-toi, après ce ne sera plus possible », « tu rigoleras moins quand tu ne dormiras plus »… Je fréquente des personnes charmantes, n’est-ce pas ? ;P

Ça ne va peut-être pas durer mais pour le moment on a un bébé dormeur. C’est nous qui devons la réveiller la plupart du temps pour qu’elle mange. C’est le monde à l’envers ! Évidemment, j’ai beaucoup moins de temps qu’avant parce que mine de rien, quand elle est debout, il faut la gérer un moment entre le changement de couche, le repas, la demande d’échange ou de câlin… Et quand elle se rendort, il faut laver et ranger ses petites affaires. Je mets une semaine à pondre un article de blog et j’ai du mal à dégager du temps pour laver les vitres (activité qui ne m’emballe pas de surcroît).

En revanche, je peux affirmer que tous les bébés ne sont pas à besoin intense. J’ai encore le temps de prendre une douche chaque jour, de me maquiller, de lire un peu ou encore de te raconter ma vie 🙂

8 ∇ Avoir un bébé, c’est trop bien !

Si tu me suivais déjà pendant ma grossesse, tu sais que j’étais loin de dégouliner de gagatitude. J’ai eu dû mal à me sentir enceinte et à la naissance, j’ai eu du mal à réaliser que cette grosse crevette venait bien de mon ventre. Par contre, j’ai tout de suite eu une irrépressible envie de la cajoler.

C’est pas très drôle de changer les couches puantes (ne crois pas les mamans qui disent que « noooon ça pue pas le caca de bébé »), de ramasser les vomitos et de devoir gérer un bébé éveillé quand tu as besoin de tes deux mains pour faire autre chose. Je suis parfois débordée, souvent en retard, toujours prise au dépourvu par ma propre fille. Et pourtant, j’adore être maman et m’occuper d’elle. L’ancienne moi n’y aurait jamais cru !

Qu’est-ce qui t’as surprise les premières semaines de vie de ton enfant ? Et si tu n’es pas encore maman, qu’appréhendes-tu ?

10 réponses sur “8 choses folles sur mes premières semaines avec bébé”

  1. je me retrouve dans ton article lors de bébé 1 ; ma pour bebe 2 rien est pareil, c’est meme l’inverse elle pleure beaucoup, j’ai le temps de rien faire, meme pour prendre une douche je dois limite prendre un rdv….. la galere… c’est different, beaucoup plus speed, mais la ou je te rejoins c’est que malgré tout avoir un bebe c’est trop bien <3

    1. Je suis tout à fait consciente de la chance qu’on a d’avoir un bébé calme. Elle nous permet d’entrer sereinement dans la parentalité. Mais je sais aussi que rien est figé : elle peut devenir un petit démon dans les semaines à venir ! Et son caractère à elle ne sera pas celui de ses éventuels frères et soeurs à venir. J’espère que bébé 2 va finir par se détendre pour toi, ce n’est pas évident d’être dispo H24. Mais je suis rassurée de lire que tu trouves que c’est malgré tout trop bien d’avoir un bébé 😀
      Profitons de chaque seconde *.*

  2. J’adore tes articles maternité ma belle ! C’est drôle comme on peut se sentir d’une manière et puis changer totalement après un tel événement ! Ca doit faire bizarre :-p
    Vivement les prochains articles ! <3

    1. Merci Harmony ! Je suis surprise que mes posts maternité soient lus et appréciés par des femmes pas encore mamans, et ça me touche beaucoup ! C’est effectivement bizarre de sentir qu’on est soit mais plus tout à fait la même personne en même temps. Je ne sais pas si tout le monde vit la même chose et j’imagine que l’intensité est de toute façon différente pour chacune. En tout cas, je trouve la nature bien faite, le lien que l’on crée avec son bébé est magique et je ne m’attendais surement pas à ça !

  3. Tellement chou ton article ^^ ça me donne « presque » envie d’avoir un enfant ! Ce n’est pas prévu pour tout de suite, peut-être d’ici 2-3 ans, mais j’aime bien m’informer à ce sujet (et en plus c’est mon métier, je travaille avec les enfants, alors ça m’intéresse ^^) 🙂

    1. Merci Roberta, tes commentaires sous mes articles et posts grossesse / maternité me donnent toujours le sourire. On sent que tu aimes les enfants ! Tu feras une super maman le jour où tu décideras de fonder ta petite famille :*

  4. J’adore tes articles maternité (et à en juger les commentaires je ne suis pas la seule ahah ! Le passage sur l’allaitement m’a fait sourire car si un jour j’ai la chance de tomber enceinte, je crois que je le ferais alors que pendant des années quand on en parlait avec Luc j’étais en mode nooooon c’est trop contraignant blablabala et avec le changement de style de vie et la prise de conscience par rapport à la nourriture tout ça, j’ai complètement changé d’avis ! En tout cas, encore félicitations !

  5. Sympa cet article car je m’y retrouve sur beaucoup BEAUCOUP de points !!
    Je te rejoins totalement sur le service Maternité de l’hôpital : j’y suis restée 8 jours et je n’avais qu’une envie : rentrer chez moi. Rentrer vite. J’ai presque vécu mon retour à la maison comme une seconde naissance pour ma fille.
    Moi aussi je suis + calme depuis que ma fille est née ( ça fait 2 ans et demi ), moi aussi je pouffe encore en me rappelant les « tu ne dormiras plus jamais » ( ma fille a tapé des tours de cadran ininterrompus depuis l’âge de 6 semaines – et elle les fait toujours !!! ). Donc bon.
    Je te jalouse pour l’allaitement car par contre j’ai vécu l’inverse : je crois que j’ai tellement voulu allaiter que la pression que je me suis collée a purement et simplement bloqué le processus. Je crois que c’est ma + grande frustration quand j’y repense. ( si on oublie la césarienne en urgence alors que j’étais dilatée au max – le travail de 24heures pour rien quoi ).

    Voilà voilà ! Merci pour cet article, il m’a ramenée 2 ans en arrière et j’ai adoré cela 😉

    1. 8 jours !!! J’aurais explosé ^^, tu as la palme de la patience 😀 Surtout qu’avec une césarienne, tu devais quand même être hyper dépendante :/
      En tout cas, ton témoignage me conforte dans l’idée que ma marmotte va peut-être rester une grosse dormeuse ! Pour lui faire prendre du poids, on la réveillait pour la nourrir. Plus maintenant, et la nuit, elle n’est pas pénible du tout. Elle mange quelques minutes et se rendort très vite. Ça présage de jolies nuits complètes pour très bientôt !
      Je suis désolée pour ton allaitement… Et effectivement, controlfreak comme je suis, heureusement que je n’avais rien lu et rien prévu, ça aurait capoté pour moi aussi, je crois. J’ai tellement fait les choses à l’envers la première semaine !
      Merci pour ton passage ici :*

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