Les histoires de vampire et la culture du viol

Au fond, la représentation du vampire dans nos sociétés occidentales est quoi sinon l’archétype du pervers narcissique ? Manipulateur, dangereux, violent et imprévisible. Ne te méprends pas, j’aime les histoires de vampire. J’en lis depuis que je sais lire. J’ai grandi dans les années 90 et ce n’était pas la même folie qu’aujourd’hui. Il était même plutôt rare de tomber sur une histoire de vampire au détour d’un rayon.

Et surtout, j’ai l’impression que les livres de vampire jeunesse d’avant (de mon temps, ma pauvr’ Lucette…) étaient différents. J’ai notamment un souvenir très fort : La solitude du buveur de sang d’Annette Curtis Klause. Ce roman a bousculé beaucoup de choses chez moi, c’est une histoire très triste qui confronte deux anti-héros. Zoé vit dans l’angoisse de perdre sa maman atteinte d’un cancer et Simon est un vampire qui souffre de sa condition d’immortel. On est loin du roman à l’eau de rose traditionnel et c’est l’histoire de vampire la plus triste que je n’ai jamais lue.

Et puis j’ai rapidement découvert l’autre facette, le vampire sexy qui joue au poète maudit. Il existe depuis quelques décennies déjà celui-là. Si j’ai lu Entretien avec un vampire d’Anne Rice pour la première fois en 2017, je n’étais pas née lors de sa parution ! Et clairement, les vampires d’Anne Rice sont les plus sensuels que je connaisse. Ce roman dérange, il effleure différentes formes de sexualité, notamment la sexualité homosexuel (j’imagine que c’était assez nouveau d’en parler de manière presque explicite dans les années 70 !), les partenaires multiples ou carrément les orgies. Mais ce livre est particulièrement malsain parce qu’il laisse apparaître en filigrane une perversité jute terrifiante : la pédophilie, l’inceste et les abus sexuels en général.

C’est à partir de là que j’ai envie de parler de « culture du viol ». J’imagine que cette expression n’est pas très mystérieuse pour toi. On en parle beaucoup en ce moment. On réalise qu’on est une génération de filles à avoir grandi en entendant « fais attention », « ne bois pas trop », « ne rentre pas trop tard », « ne rentre pas toute seule », « attention à ton verre », « ne t’habille pas trop sexy ». Pourquoi n’a-t-on pas plutôt enseigné à nos frères « n’agresse pas les filles » ? Je n’ai pas la réponse mais c’est le cri de guerre de plusieurs générations de femmes.

Je ne suis pas une féministe à fond les ballons et je ne crache pas sur la culture qui a fait mon bonheur de petite fille et d’adolescente mais je dois avouer quelque chose ; de mon regard d’adulte à peu près éduqué et équilibré, il y a un truc qui cloche dans les histoires qu’on nous raconte. Dans les comédies romantiques, la fille dit non à tous les coups. À tous les coups le mec insiste pendant une heure et demi (ça s’appelle du harcèlement dans la vraie vie). À tous les coups la fille cède à la fin de l’histoire et elle se rend compte à quel point elle était aveugle et à quel point il est fait pour elle. Il a bien fait de la harceler d’insister.

Aujourd’hui, j’avais juste envie de partager les livres, les séries et les films de vampire que j’ai aimé. Histoire de patienter jusqu’à Halloween, tu vois. Et j’ai été piquée de lucidité en commençant à lister tout ça. Cette année, j’ai lu Entretien avec vampire, ok on vient d’en parler.

J’ai aussi lu Comment se débarrasser d’un vampire amoureux de Beth Fantaskey, un young novel mal écrit mais qui se lit tout seul pour une raison qui m’échappe encore. Le scénario est classique : l’héroïne est une ado roumaine adoptée par des américains alors qu’elle était bébé. Elle est brillante et présente une forte personnalité. Un jour, un vampire débarque dans sa vie et lui explique que 1/ elle est une princesse vampire qui s’ignore, 2/ ils vont se marier pour honorer un pacte, 3/ elle doit rentrer en Roumanie avec lui. Au départ elle refuse (à peu près) fermement. Ce vampire est froid, agressif, clairement pas cool. Elle a une touche avec un gentil et beau garçon de son lycée qui plus est. Pourtant, je te le mets dans le mille (attention spoiler, passe au paragraphe suivant si tu ne veux pas connaître la fin) : elle décide que son petit copain « normal » est trop niais pour elle et choisit son bourreau. Mais oui, bien sûr !

Enfin, j’ai vu dévoré les six premières saisons de la série Vampire Diary. Encore une fois : **attention spoiler**. Elena tombe amoureuse de Stefan, le gentil vampire. Why not. Sauf qu’on apprend que ce gentil vampire a quand même eu sa période « tueur en série » ET qu’il pourrait ne plus se contrôler s’il buvait à nouveau du sang humain. Damon, le méchant frère de Stefan, essaye de séduire Elena (sympa le frérot). Damon est un vrai méchant, il tue, il fait souffrir pour le plaisir, il utilise les filles comme des objets. Et bien sûr, il harcèle Elena (enfin, pardon… il-insiste-gentiment-pour-lui-faire-ouvrir-les-yeux). Mon Dieu, je plaide coupable, je suis encore à ce jour folle amoureuse de Damon et je mourrais d’envie qu’Elena le choisisse pour vivre pleinement leur histoire par procuration. Elle finit bien sûr par craquer (au grand bonheur de nombreuses fans !). Mais elle vit alors avec un être objectivement abject. Dois-je te rappeler que Damon a essayé de tuer le petit frère d’Elena par vengeance ? Damon est terriblement sexy pour une raison qui m’échappe (beaucoup de choses m’échappent dans ces histoires de vampire !) mais métaphoriquement, Damon est le-mari-violent. Celui qui frappe sa femme pour ensuite pleurer dans ses bras et lui dire qu’il l’aime et qu’il ne comprend pas pourquoi il lui fait du mal. Est-ce que tu trouves ça sexy un « mari violent » ?

L’héroïne du film de vampire est atteinte du syndrome de Stockholm. Elle tombe toujours sous le charme de son bourreau et le fond de l’histoire est quand même un peu pathétique. C’est ça qu’on enseigne à nos filles ?

Ton prince charmant sera sexy, sensuel, il plaira à toutes les filles mais il n’aura d’yeux que pour toi (ou pas, ça dépendra aussi de ton implication). Tu es un peu conne, tu ne réalises sans doute pas immédiatement que tu es face à LUI. Mais pas de souci, LUI sait et même s’il doit employer la violence, il te fera comprendre. Ensuite, tout ira comme sur des roulettes. Vous vivrez un vrai conte de fée : il t’isolera de tes amis et ta famille (tiens, ça me rappelle une histoire de pervers narcissique, ça !) mais c’est pour vivre pleinement votre relation incroyable, rien de plus. Parfois il dérapera mais en bonne nunuche soumise épouse, tu le remettras toujours sur le droit chemin. J’espère juste que le lion ne se retournera pas contre son dresseur… Par amour, Dieu seul sait de quoi ton animal sauvage est capable ^^.

Désolée pour ce blabla beaucoup moins ludique que ce que je pensais produire aujourd’hui. Mais voilà, quand j’ai commencé à écrire, je n’ai pas pu m’empêcher de faire ce parallèle terrible. On présente toujours les héroïnes d’histoires de vampire comme des guerrières. Je me demande si elles ne souffrent pas toutes de dépendance affective pour être aussi vulnérables, oui ! Buffy et son incroyable force physique qui obéit au doigt à l’œil à son mentor (un homme, bien sûr !) et qui se tape Spike, un méchant vampire qui a déjà tenter de la tuer… Sérieusement ? Et je ne parle même pas de Twilight où Bella se laisse dépérir après la disparition de son bourreau au début du second tome.

Je ne vais pas arrêter les histoires romantiques à base de vampires viriles et de demoiselles en détresse émotionnelle. Je ne suis clairement pas insensible à ce genre de romance qui m’embarque le temps d’une lecture ou d’un visionnage. Mais je trouve intéressant de se questionner. En particulier sur les morceaux de culture qui nous chamboulent vraiment. Qu’est-ce que ça peut bien dire de nous et de la société dans laquelle on évolue ?

Sur ces bonnes paroles, je te laisse avec deux histoires de vampire détonnantes. Pas de monstre ténébreux à dresser, ni de princesse des temps modernes ici. Juste les vampires, ces parasites qu’ils seraient sans doute s’ils existaient vraiment. Pour découvrir cette facette moins fringante du suceur de sang, il y a le roman Salem de Stephen King et le film 30 jours de nuit de David Slade.

Si tu as lu mon pavé (merci déjà !), quel est ton point de vue ? Quelle relation as-tu aux histoires de vampire ? Trouves-tu ma critique trop sévère ?  

16 réponses sur “Les histoires de vampire et la culture du viol”

  1. Hello !

    Franchement, super article ! 🙂 Au début je ne comprenais pas trop où tu voulais en venir, mais tu as tout à fait raison. Souvent, avec un oeil plus adulte, je me pose des questions sur tout ce que j’ai pu lire ou voir à la télé quand j’étais plus jeune. Et voir également la manière dont ça a forgé la personne que je suis devenue aujourd’hui.

    Ta critique d’aujourd’hui n’est pas sévère, elle est juste tristement réaliste. Je trouve ça affolant (un peu) qu’au delà de la télévision, même la littérature s’enferme dans une sorte de spirale pleine de clichée où la culture du viol est omniprésente.

    En fait j’en viens à me demander quand tout ça va cesser. En plus de ça, je trouve qu’on est toujours dans les extrêmes. Soit l’héroïne est complètement niaise soit une rebelle qui ne rentre pas dans « la norme » (la fameuse haha) féminine. Et là au choix, soit on fini par la faire céder aux avances des protagonistes masculins, comme quoi, n’importe quel homme peut faire craquer une femme, même les plus coriaces (bien évidemment), soit on nous la peint comme une espèce de dégénérée féministe irrécupérable. Je trouve ça assez insupportable. qu’on nous dépeigne de la sorte.

    Heureusement que tous les auteurs et créateurs de séries n’emprunte pas ce chemin. Parce que sinon on est pas sorties de l’auberge ! 🙂

    En tout cas merci pour cet article, j’ai pu me plaindre un peu aujourd’hui haha !
    Des bisous,

    1. Merci beaucoup pour ton message 🙂

      Je te rejoins, notre « moi » d’aujourd’hui est en grande partie forgé par la culture dans laquelle on a baigné. Perso, j’aimais bien les sitcoms américaines et j’ai longtemps culpabilisé de ne pas être parfaite et irréprochable comme les héroïnes de ce genre de programme. Tu sais, elles sont belles, toujours bien apprêtées et gentilles avec tout le monde et en toute circonstance, ahah !

      Par contre, cette image de la femme objet qu’on cultive malgré nous a quelque chose de terrifiant. Et on réalise la prison dans laquelle on est quand on comprend les messages négatifs mais qu’on ne peut pas s’empêcher d’apprécier malgré tout ce genre d’histoire.

      Mais tu as raison, si la femme ne cède pas aux avances d’un gros lourd (aussi sexy et ténébreux soit-il^^), c’est forcément une folle-dingue ou « une moche ». Parce que c’est bien connu, la moche peut être indépendante, intelligente et célibataire, elle. Tu sais quoi, ça m’énerve de parler de ça, ahah !

      Oui, certains réalisateurs produisent des oeuvres différentes, heureusement ! Certains auteurs aussi. Je le me débrouille pour le caser à chaque fois, mais Stephen King a toujours oeuvré pour les femmes. Il a même écrit plusieurs livres en se mettant dans la peau d’une femme (Jessie, Dolores Claiborne, Rose Madder, Histoire de Lisey…). On n’est pas encore complètement oubliées, on a des soutiens ! Et maintenant qu’on commence à y voir clair, on donnera sans doute une autre éducation à nos enfants.J’espère que le temps fera son oeuvre !

      Ravie que tu aies eu ton moment « ralage » du jour 😉 bises

  2. Coucou Delphinou !
    Ben tu sais quoi? J’ai tout lu ! Et j’ai vraiment bien aimé !
    Bon, ce n’est pas que mon avis est inintéressant mais il est beaucoup moins riche que le tien car je possède très peu de références à ce niveau-là (vampire diaries #Damon&Klaus, Underworld, Twillight..). Mais je te rejoins sur ton avis global, la relation dominant/dominée très marquée et cette manière de rendre les nanas si nunuches devant de beaux bourrins. Heureusement il y a Séléne que j’adore (Underworld) 🙂

    Sinon je te conseille vraiment la saga de Deborah Harkness si tu adores les vampires (j’ai fait une chronique dessus) !! Bon, ça ne parle pas que de vampires, il y a des sorcières, des voyages dans le temps.. Des trucs bien sympas mais je pense que ça pourrait te plaire 🙂

    En attendant quel livre me conseillerais-tu à moi la novice en la matière?

    1. Hello Carmenou !

      Ton avis est aussi intéressant que celui des autres ! Et je ne crois pas avoir une très grande culture vampiresque, ça ne m’empêche pas d’en parler :p Je ne me prononce pas sur Underworld parce que je l’ai vu il y a très longtemps et pour être honnête je ne me rappelle pas du tout !

      Mais oui, Klaus ! Je l’avais oublié celui-là. Mais quelle brute aussi ! (Bon sexy, ok, mais brute surtout ^^).

      Je n’ai pas du tout oublié ton conseil pour la sage Deborah Harkness, j’ai téléchargé l’extrait gratuit sur ma tablette. Je suis dans d’autres lectures, mais ça me tente bien 😀 Je te dirai quand je commencerais.

      Je pense que dans les histoires qui restent un peu romantiques, Entretien avec un vampire est à lire absolument. Je sais que ça peut faire peur parce que c’est un « vieux » livre mais j’ai trouvé qu’il se lisait tout seul ! Sinon, je pense que tu peux aimer Comment se débarrasser d’un vampire amoureux. Je m’en moque parce que c’est très niais mais j’ai acheté la suite qui m’attend sagement sur mon étagère ^^. Enfin, comme je le dis dans mon article, Salem de Stephen King est un excellent livre de vampire mais il n’y a rien de romantique dans cette vision ;))

      Mes autres lectures datent d’il y a trop longtemps, j’aurais peur de t’orienter vers un livre un peu bébé. Mais j’ai lu Les Ridley il y a quatre ou cinq ans et j’en garde un bon souvenir !

      Bisous Carmenou !

  3. J’ai vraiment adoré! Ton sens critique mais humour noir léger est juste parfait comme je l’aime… mais tu as etait juste et je suis daccord avec toi …sauf pour twilight

    1. Merci pour ton commentaire 🙂 Je sais, je deviens désagréable dès que je parle de Twilight, ahah ! La vérité, c’est que je ne supporte pas le style littéraire de l’auteur. L’histoire est ce qu’elle est et je n’ai pas détesté les films. Mais alors les livres… Je me suis forcée à aller jusqu’au milieu du tout dernier tome et j’ai fini par lâcher l’éponge. Arf, on ne peut pas tout aimer ;)) Mais oui, je suis comme toutes les filles, j’ai quand même rêver de rencontre Edward moi aussi (mais il paraît que mon mari ressemble à Robert Pattinson alors je ne suis pas à plaindre ;p) ^^

  4. En lisant le titre de ton article j’étais plutôt septique mais j’ai quand même pris le temps de le lire et je dois dire qu’il est plein de bon sens. Je ne pense pas que tu fasses une critique sévère mais plutôt la mise en lumière d’une réalité. Effectivement nombreuses histoires/séries/films pour ados/jeunes adultes traitant des vampires sont tous basés sur les mêmes clichés. Et ils ne sont pas très joyeux… Je pense que la figure du bad boy a toujours fasciné quelque soit l’époque, moi la première. Mais avec les vampires entre une autre dimension nettement plus perverse de violence, meurtre, luxure qui semble du coup permise et presque normale de par leur nature « surnaturelle ». Or dans la vie personne n’a envie de côtoyer quelqu’un qui tue à tour de bras ou qui est un psychopathe notable ^^’
    Je ne sais pas trop quel image ça renvoi aux adolescent qui visionnent/lisent ce type d’histoire, en tant qu’adultes je pense qu’il est facile de faire la différence entre réalité et fiction, d’apprécier le frisson tout en sachant être critique. Mais pour des personnes plus jeunes, la frontière est probablement plus flou d’autant plus qu’ils sont bombardés d’une violence inouïe dans notre société actuelle. Surtout que la plupart ont accès sans limite a beaucoup de programme qui ne leur sont pas destinés à la base. J’espère juste que pour eux, la violence ne devienne pas une banalité ou une normalité..
    En tout cas je pense que j’irais lire Salem, merci de ta recommandation, j’aime beaucoup les romans de Stefen King en général ^^
    Bises et merci pour ton article!

    1. Coucou ! Merci beaucoup pour ta réaction 🙂
      C’est drôle, tu n’es pas la première à avoir entamer ta lecture sans trop comprendre où je voulais en venir. J’avais peur d’enfoncer une porte ouverte, mais finalement vous êtes nombreux à être surpris de mon « analyse ». Tant mieux ! Ça sert à ça aussi le blogging, à partager et à débattre de ses points vue.
      Effectivement, il y a une vraie banalisation de la violence dans la culture jeunesse. Après, je reste un peu sur la réserve dans le sens où ça a toujours été plus ou moins le cas (les contes de fée de datent pas d’hier et ils ont été bien édulcorés pour la générations Disney !). Concernant les vampires, j’en parlais avec ma soeur hier et elle m’expliquait que les ados pouvaient être attirées par les vampires parce qu’ils sont très érotiques mais il n’y a pas de passage à l’acte sexuel en tant que tel, du moins pas au départ. Ça permet aux filles de vivre par procuration une histoire sensuelle mais platonique (ce qui est réconfortant quand tu as juste 15 ou 16 ans).

      Mais bon, ce qui m’embête plus c’est cette banalisation de la femme-objet qui attend sagement le type qui a décidé être l’homme de sa vie. C’est rétrograde comme vision et pourtant, on ne peut pas s’empêcher de trouver ça tellement romantique…

      De rien pour Salem, j’espère qu’il te plaira 🙂

      Belle journée !

  5. J’avais commencé à écrire un commentaire quand, tout à coup, je tire un peu sur mon ordi et paf ! il se débranche, arriva ce qu’il devait arriver étant donné que je joue avec la limite de la longueur de mon fil… pas malin… bref. Je reviens à la charge (il en faut plus pour se débarrasser de moi xD) et comme ma pensée était bien structurée ça ne pose pas trop de problèmes…

    Alors… il y a beaucoup de choses à dire et je m’étonne que les commentaires ne soient pas plus longs parce que l’on peut écrire au moins autant que ton article… comme personne à l’air de vouloir s’y coller je m’y colle ! (ou la chieuse qui se fait passer pour un bon samaritain xD).

    Déjà, pour bien commencer, commencer de manière cohérente et par le début (c’est mieux pour la suite) il faut revenir aux origines du vampire et je ne parle pas de Bram Stocker (que je n’ai d’ailleurs pas lu) mais de bien bien bien avant ça : je parle de la tradition roumaine, des croyances relevant de la pensée-magique et de la religion : du début, du folklore. Il y a à ce sujet un très bon numéro d’Enquêtes d’ailleurs sur Arte qui revient aux origines, sur la vie de Vlad Dracul, Philippe Charlier est alors accompagné d’une historienne roumaine. En fait, le vampire (qui n’a d’ailleurs pas ce nom en roumain, j’ai oublié le terme, qu’on me pardonne) est un fantôme, si on veut, un esprit d’un mort qui vient hanter les vivants de sa famille pour leur sucer le sang : point là d’acte sexuel, en tout cas ils n’en ont pas parlé dans l’émission où je ne l’ai pas retenu : c’est plutôt de la pure histoire de fantôme qui a fait des trucs pas trop bien, ou a des choses à demander, et revient. Il revient et bois le sang des vivants. Alors on fait des messes sur sa tombe, ou rouvre le cercueil et on plante un pieu dans le cœur du cadavre, on brûle ce cadavre, on récupère les cendres pour faire du pain et ce pain la famille du mort le mange. Du traditionnel, disais-je, des légendes, des histoires, presque des contes et je reparlerais de cette notion de contes dans un instant (je tease de peur de perdre des gens en route xD).

    Maintenant que ça, c’est planté, je ne peux pas nier que le vampire a, de nos jours, une dimension sexuelle. Et d’ailleurs certaines productions sont très explicites sur le parallèle. Je pense au manga animé adapté d’un light novel : Strike the blood. J’ai bien aimé, je n’ai pas trop vu la dimension de « bourreau » comme tu dis. Et, le côté sexuel, ils le montrent très bien, tant que s’en ai redondant, exaspérant parfois : le gars mord la fille qui rougit, se crispe, et a un orgasme (elle gémit, on s’accordera tous à dire que ça s’appelle un orgasme, comme La Naissance de Vénus par Cabanel au XIXème : c’est un orgasme, bref). Et les autres filles mordues sont jalouses, d’ailleurs le fait qu’il en morde plusieurs le fait passer pour un coureur de jupon : le sexe, le sexe, le sexe ! On peut d’autant moins nier la dimension sexuelle qu’elle est facile à faire : par le sang peut-être, pas le rapprochement des corps, par le contact de la peau, par l’abandon du corps que ça suppose, la possession, aussi, l’intimité, sans aucun doute. On ne peut pas nier la dimension sexuelle, donc, et celui qui essaye se lance dans une entreprise bien malaisée.

    Mais ceci dit le vampire revêt une autre dimension, se pointe aussi dans un autre genre je le disais : le conte. Et ça bien avant Twilight et Vampire Diary. Au XXème et XIXème. Je pense notamment à un livre de recueil de contes régionaux publié par Dominique Camus chez Ouest France. Le livre est en trois tomes par thèmes : les bêtes, les monstres et les chiens ; les sorcières ; et les fantômes (contes d’outre-tombe). Il y a dans ce livre un conte du nom de La Fille vampire. Une princesse se retrouve condamnée, à minuit, à errer dans une église et à boire le sang puis dévorer le gentil soldat venu la surveiller. Outre le fait original que ce soit une vampire (sauvée par un jeune homme moyennant l’intercession de la Vierge (conte populaire dans une France d’Histoire judéo-chrétienne oblige)) il y a un autre élément intéressant je l’ai dit : une histoire de fantôme : et voilà que l’on retombe sur les origines du vampire. J’ignore si le titre est d’origine (je pense qu’il l’est) mais même s’il ne l’est pas peu importe puisque la fille a bien les caractéristiques, certaines au moins, des vampires. Le vampire a donc aussi une prise dans le conte. Le conte qui, je le rappelle, à l’origine, n’a rien d’un Disney !

    Le conte c’est la Belle au Bois dormants qui se fait violer dans son sommeil et se réveille à cause de la douleur de l’accouchement ; le conte c’est Barbe Bleue qui tue des femmes dans sa cave ; le conte c’est le père des filles dans l’histoire du Petit Poucet qui, croyant tuer les 7 garçons, tue ses 7 filles ; le conte c’est la Petite Sirène qui se fait couper la queue ; le conte c’est cette histoire où au détour d’une ligne on va te dire très simplement qu’un personnage se fait couper la tête ; le conte c’est le roi obligé de décapiter ses propres enfants et d’en répandre le sang sur la statue de son ami pour le faire revivre (Johannes le Fidèle) ; bref, en un mot, le conte, c’est le sang. Qui s’en offusque ? Personne ! Pourquoi ? Parce que c’est structurant pour les enfants. C’est pas moi qui le dit : ce sont les pédo-psychiatres. Le conte, c’est fantastique. Et les vampires font partie de cet imaginaire. Eh quoi ! Le problème ne viendrait donc pas du vampire ? Eh bien non, c’est là où je voulais en venir.

    Mais avant, pour maintenir un peu de suspense (toujours à cause de la longueur décourageante de ce commentaire) et parce que ça va me servir un peu plus tard pour la suite de mon raisonnement, je dois rappeler le public du « young adult », le public de Twilight et compagnie. Ce sont des adolescentes. Des pré-ado parfois. On peut alors les voir un peu comme toi comme des victimes mais on peut aussi les voir comme actrices de leur sexualité et créatrice de fantasmes. Pourquoi je parle de sexualité ? Il se trouve qu’actuellement je prépare une émission de radio sur un sujet qui n’a rien voir (mais genre vraiment) et j’ai été amené à lire l’article d’une psy qui rappelle qu’à l’adolescence le corps change d’une part (changement subi qui plus est) et l’on peut maintenant s’ouvrir à la sexualité d’autre part. Or, comme nous l’avons dit, le vampire est sexuel (surtout dans la manière dont il est traité dans ces productions d’ordre culturel mais j’ai envie de dire : justement). Ce sont des ados avec des fantasmes, qui découvrent la sexualité. On peut les voir victimes mais on peut aussi les voir actrices. Va sur Wattpad : je pense que tu n’auras aucun mal à trouver des fanfictions plus ou moins correctes et… sexuelles. Ce qui ne veut pas dire érotique mais ce qui veut dire explorant les fantasmes. Par exemple un jour une fille sur un forum que j’avais créé avait dit avoir trouvé une fanfiction dans laquelle la fille disait être la cousine de Justin Bieber : elle avait deux ans de moins que lui, ils étaient dans la même classe (cohérence ?) et ils ont fait l’amour en plein milieu de la salle (???) : ça manque de cohérence parce que c’est un fantasme. Tu te plains de Twilight ? Sache qu’elles écrivent pire. Alors bien sûr on peut me rétorquer « mais qui de la poule ou de l’œuf ? » bonne question. Je dirais, pour ce cas, que les productions culturelles sont dirigées vers elles : pour leur plaire, correspondre (j’insiste) à leurs fantasmes : ces histoires plaisent parce qu’elles y trouvent quelque chose : correspondre (j’insiste) à leurs fantasmes et les nourrir. Les nourrir, dis-je. Pas les créer (j’insiste). Les fantasmes, elles les ont déjà. C’est à peu près là que mes compétences en psychologies s’achèvent et ma contribution à cette discipline aussi.

    Ceci dit (j’ai dit qu’on pouvait écrire autant d’un article : j’écris autant d’un article) je vais (enfin) en venir à la conclusion de tout ça, tissée au fil de l’écriture de ce commentaire. Quand j’ai commencé à écrire la première version de ce commentaire j’ai pensé à ce que je disais dans le paragraphe précédent et, tout de suite après, m’est venu ma conclusion, celle-là même que j’ai esquissé il y a deux paragraphes : ce n’est donc pas la faute du vampire ? Eh bien non. Et dans ton article même on trouve la clef : c’est du young adult, c’est pour les ados. Et donc ? Et donc toutes les productions sont de cet acabit, vampire ou pas (même si le vampire, par la dimension sexuelle que l’on peut lui trouver, est un outil intéressant d’exploration des fantasmes).

    Je reprends l’exemple des mangas (je suis plus à l’aise : je lis peu de young adult, donc j’ai moins de références pour ne pas dire aucune). Strike the blood, donc. Vampire, sexisme, filles soit disant revêche mais en vrai toute douce… mais alors tu enlèves le vampire et tu transposes ça à… l’écrasante majorité des autres shôjo. Kaichou wa maid-sama et Wolf Girl and Black Prince par exemple : le garçon plus doué en tout (en sport, dans les études, etc., ce qui est particulièrement poussé dans le premier car Takumi Usui parle très bien angais, joue du violon, etc., etc., etc.) et la fille qui court toujours pour le rattraper, la fille qui ne sait pas ce qu’elle veut faire comme métier, la fille qui a besoin de lui, et lui qui choisit un métier scientifique (médecin dans Kaichou wa maid-sama ; à la NASA pour Tsubaki dans Tsubaki love ; océaniste dans Le garçon d’à côté…) (oui, je les ai tous vus, et lu jusqu’à la fin, et je peux même pas mettre ça sur le dos de l’adolescence vu que c’était y’a pas longtemps… xD) et elle plutôt dans l’artisanat ou le littéraire, même quand c’est une bonne place (avocate dans Le garçon d’à côté, diplomate dans Kaichou wa maid-sama, souffleuse de verre dans Wolf girl and Black prince, coiffeuse dans Tsubaki love) : les motifs récurrents ne manquent pas. D’autres points commun : le sexisme, à prendre sans doute parfois au second degré. La petite fille perdue qui a besoin d’un référent émotionnel. Et pourtant ça fonctionne. Pas que ça crée un rôle de soumise aux filles mais ça répond aux rôles de genre (je fais exprès de ne pas utiliser « conforter » qui pourrait être pris de travers par rapport à ce que je cherche à dire) et ça rassure. On ne lit pas, ou ne regarde pas, ce genre de manga pour apprendre quelque chose mais pour rêver… au prince charmant haha x) Ou pour pas réfléchir, parce que ça prend pas la tête, parce que c’est attendu, facile… rassurant ! Et dans aucune de ces histoires il n’y a de vampire. Parce que le problème n’est pas le vampire. Le vampire est juste un prisme, peut-être le prisme préféré avec le gars fort en tout, beau pseudo-mystérieux. Et quand le vampire est mystérieux c’est encore mieux. Fantasme-fantasme. Bref. Pas fautif, le vampire.

    Alors, du coup, si on veut parler de l’image de la sexualité, des rapports de genre, que l’on renvoie aux filles, on peut. Mais il faut tout élargir. Il faut tout élargir à toutes les productions culturelles et pas seulement aux vampires (les pauvres). Le problème ce n’est pas le discours autour du vampire, le problème c’est le discours autour du sexe et des rapports de genre qui, comme tu le rappelais par quelques exemples, peut se résumer à : « rentrez vos poules, je sors mon coq ». Et là, effectivement, on peut lancer une étude intéressante et réellement pertinente, qui aurait encore plus de prise puisqu’elle montrerait que c’est dans tous les livres, et pas seulement ceux de vampires.

    Je veux aussi insister sur le fait que les ados ne sont pas que victimes. J’ai 21 ans (je ne suis plus ado, d’accord, d’accord, peut-être que j’ai plus de recul) : je lis et regarde des mangas à l’eau de rose, cliché et culcul parce que je réfléchis pas trop, que les histoires d’amour sont simples, on se prend pas la tête. Mais tout en écrivant ce commentaire (j’en suis d’ailleurs à ma troisième page Word donc quand je disais que y’avait des choses à dire, y’en avait !) (j’ai perdu personne en route ?) je regarde Arte… L’un n’empêche pas l’autre et je pense que les ados (j’ose l’espérer) sont moins naïves qu’elles n’en ont l’air et qu’elles ne sont pas que victime, comme je le disais.

    Maintenant oui, on peut s’intéresser à tout le discours plus ou moins explicite que l’on envoie aux jeunes et aux plus vieux en général et se lancer dans une vraie étude fouillée… mais pas restreinte aux vampires. Parce que le vampire est, finalement, juste un prisme qui permet de parler de sexe. On peut s’en servir pour les ados mais on peut aussi s’en servir pour des trucs beaucoup plus sérieux. Le problème ce n’est pas le vampire, c’est la manière dont on parle de sexe en général dans notre société ou plutôt dans nos sociétés.

    Voilà. Habituellement j’aurais écrit un article, d’ailleurs je crois que j’ai fini mon commentaire en vouvoyant comme je le fais dans les articles… j’ai perdu personne ?

    1. Ahah ! Je ne sais pas si tu as gardé tout le monde dans le bateau, mais tu ne m’as pas perdu moi, c’est certain. Tu m’excuseras d’avance, ma réponse sera moins longue que ton commentaire 😉

      Première chose, je parle des vampires parce que ce mois-ci, je publie un article par jour en relation avec l’automne & Halloween. J’avais prévu de partager mes histoires de vampire préférées et finalement c’est devenu… ça ! C’est pourquoi je me suis arrêtée à ce monstre fantastique précis. D’ailleurs, j’évoque les comédies romantiques dans mon article et je n’en pense pas moins des Disney ^^. Est-ce que le vampire est pire que les autres représentation masculine ? Je ne crois pas non ! Mais si j’avais voulu abordé TOUS les thèmes, j’aurais écrit un livre et non un post de blog ^^. C’est une mise en lumière comme une autre.

      Je te rejoins quand tu dis que ça correspond à une demande et que les jeunes filles sont en attente de ce genre d’histoire. Et au fond, c’est ça que je dénonce. Je n’ai rien contre les connotations sexuels. C’est normal que les ados soient intéressées par le sujet.
      Ce que je me demande, c’est ce qu’on nous met dans la tête depuis notre plus jeune âge pour qu’on soit attirées (même en fantasme) par des hommes qui ont un profil de pervers narcissique (et le vampire ressemble vraiment beaucoup au PN quand même !). Je lance ça comme ça, on en fait ce qu’on veut. Et surtout que ça ne nous empêche pas de continuer à rêver à travers n’importe quel livre ou n’importe quel film. C’est juste bien d’être conscient et d’un jour dire à nos filles « c’est vrai qu’il est attirant ce type mais bon, tu serais prête à sacrifier autant de chose pour un garçon toi ? Parce que tu peux faire des trucs par amour mais tu as le droit d’avoir tes propres désirs… » blablabla. Mon message s’arrête ici 😉

      Je connais les origines des vampires et un peu la place qu’ils ont eu suivant les époques et suivant les cultures. Mais globalement, tous les monstres ont commencé à devenir sexy avec le cinéma, je n’ai pas voulu perdre mes lectrices en parlant d’Histoire. Et aujourd’hui, les enfants étant une cible lucrative, on en profite pour sortir des trucs qui les attirent !

      Je ne me prononcerais pas sur les mangas parce que je ne connais pas du tout :/

      Mais pour conclure, le problème n’est pas les vampires, ni le sexe (désolée je te contredis ^^) mais l’image de la femme dans la littérature et le cinéma. De mon point de vue en tout cas.

      1. Ne t’excuse pas, tout le monde ne peut pas maîtriser l’art de parler pour rien dire comme moi en développant pendant 150 ans les mêmes exemples et en me répétant… ! Si seulement j’étais capable de faire aussi bien quand j’écris une dissert’ ou un commentaire de texte ! J’aurais eu de meilleures notes x)

        Oui oui, c’est une mise en lumière comme une autre, et rien n’empêche de ne parler que des vampires, mais alors même en parlant que des vampires il reste encore plein de choses : l’histoire des vampires, les contes, l’histoire des vampires dans le cinéma, et les raisons pour lesquelles il attire. D’ailleurs dans mon commentaire, à part à la fin où je dis que pour parler des images du sexe il faudrait élargir, je ne parle que des vampires ! 🙂 (« à part à la fin » je me fais rire toute seule : quand j’écris dans mon commentaire « je vais enfin conclure » je suis qu’à la moitié du commentaire, j’ai un peu craqué sur ce coup-là xD).

        Non, le vampire ne ressemble pas au PN de lui-même : il lui ressemble parce que l’on met ça dedans, mais on pourrait mettre autre chose. De même que chacun humain a un caractère différent chaque vampire devrait pouvoir avoir un caractère différent, c’est juste que l’on écrit toujours sur le même vampire. Le vampire, au final, est un prisme, un outil, mais il n’est pas criticable de lui-même comme par enchantement, il est ce que l’on met dedans. Je peux t’écrire l’histoire d’une marmotte gentille, et je peux t’écrire l’histoire d’une marmotte méchante…

        D’accord, je vois ce que tu veux dire.
        Mais le propre du fantasme c’est aussi des trucs inaccessibles, ou des trucs dont on sait qu’ils sont pas forcément fait pour nous. Est-ce que quand on fantasme on ne change pas aussi notre rôle, notre personnalité ? Est-ce que le nous projeter dans notre fantasme est le vrai nous ou le nous lui-même fantasmé ? Je pense que c’est un nous fantasmer, et de ce fait la fille qui rêve de son beau ténébreux ne tombera pas forcément d’un beau ténébreux !

        Pas perdre ses lecteurs avec de l’Histoire je peux l’entendre (après tout c’est toi qui connais tes lecteurs !) mais c’est vrai que moi j’aime bien, parce qu’on peut remettre plein de choses en perspective… après je pense que le genre d’articles que j’écris n’est pas beaucoup lu… ce n’est pas le genre de trucs que les gens veulent lire sur Hellocoton… du coup je pensais commencer à chercher un autre public en répondant aux messages des medias sur Twitter, enfin bref. Tout ça pour dire que sans doute tu as raison de ne pas servir de la science à tes lecteurs mais en même temps je trouve ça tellement dommage de perdre cet angle d’analyse tellement enrichissant…

        Le problème n’est pas le sexe en lui-même (oulala, je donne l’impression de dire ça ?) mais plutôt la manière dont on parle de sexe (ou dont on ne parle pas, précisément) et… même plutôt de sexualité, et quand je palais de sexualité je parlais au sens large, ce qui inclus les : « mets pas une jupe si courte » ! C’est vraiment le large large dont je parle !
        Du coup c’est à mon tour de te contredire : le problème n’est pas l’image des femmes dans la littérature et le cinéma : c’est l’image des femmes dans nos sociétés ! C’est la même problématique que j’ai essayé de démontrer avec le vampire : le vampire n’est pas problématique en lui-même : c’est ce que l’on met dedans : et ce que l’on met dedans vient de nos images collectives, de nos représentations (de genre et autres). De même pour l’image des femmes dans la littérature : elle est nourrie, elle provient, de l’image des femmes dans la société (et bien sûr ça fonctionne aussi en sens inverse : les objet culturels peuvent contribuer à répandre des images, mais contribuer seulement : ils ne sont pas la cause).

        1. Hello, je te rejoins dans tes propos mais je n’ai pas envie d’aller si loin sur mon blog. J’ai juste envie de faire part d’une réflexion qui rebondit sur l’actualité puisqu’on parle beaucoup de harcèlement de rue et de l’image de la femme. J’ai juste envie d’éveiller un brin d’interrogation, une piste de lecture qu’on ne voit pas toujours quand on a la tête dans le guidon.
          Je n’ai pas non plus envie d’imposer absolument ma vision. Je dis juste « tiens, moi j’ai remarqué ça d’un peu bizarre, tu trouves ça bizarre toi aussi ? ». Chacun est libre d’en faire ce qu’il veut. Je n’ai pas envie d’écrire une thèse sur chaque sujet qui me touche, ce n’est pas mon rôle et d’autres personnes le font bien mieux que moi.
          Je tiens un blog de détente. Alors effectivement, peut-être que je suis capable (grâce à mes études et mes centres d’intérêt) de faire de la sociologie (un peu) avancée. Mais 1/ ça n’aurait pas sa place ici et 2/ je n’écris pas pour me faire mousser, j’écris pour partager quelque chose avec tout le monde.
          Donc désolée mais tu ne trouveras jamais de réflexions assez profondes à ton goût sur lesjolisslims !
          Belle journée,

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