On aime tous les légendes urbaines

Je n’ai pas d’études précises à présenter pour appuyer mes dires mais je ne pars pas non plus de rien. Il y a fort fort longtemps (bon, pas tant que ça non plus), j’étais étudiante. Et comme pour la majorité des cursus, j’ai dû présenter un mémoire de fin d’étude pour valider mon diplôme. Le thème de mon mémoire était les films d’horreur. Ça te surprend ?

Évidemment, ceci est un post de blog et non un mémoire, je t’épargne donc les détails, les développements de vingt pages et compagnie. On va juste s’arrêter sur un point précis, un point que j’adore : les légendes urbaines. Elles sont vielles comme le langage et pourtant toujours d’actualité. Internet leur a même offert sur un plateau un souffle et une visibilité inespérés. Et que tu le veuilles ou non, je sais que tu prends plaisir à les écouter et les diffuser toi aussi.

Parce qu’on a tous un ami qui a une cousine dont le beau-frère a été la victime d’un jeu terrifiant, laisse-moi partager ma vision de la légende urbaine.

LESJOLISSLIMS LEGENDES URBAINES

Les légendes urbaines

À l’origine des contes et des histoires d’horreur, il y a la légende urbaine. Celle qui se raconte et s’amplifie. Celle qui ne meurt jamais.  « Les légendes ne meurent jamais », ça te dit quelque chose ? On pouvait lire cette accroche sur l’affiche d’Urban Legend 2 (ici) et j’adore parce que ça reprend parfaitement le concept de la légende. C’est intemporel.

Pendant des décennies l’origine d’une légende urbaine est restée introuvable. Depuis Internet, on peut retracer son histoire. Tout part d’un fait divers isolé. Et hop, ça fait ricochet. Je te donne un exemple fictif : au fin fond du Texas, un type pète un cable, va sonner chez son voisin et le tue d’un coup de fusil (ouuuh le cliché !). Toi, tu tombes par hasard sur ce fait divers et tu le racontes à tes amis lors d’une soirée « nan mais imagine quoi, ton voisin qui se ramène en pleine nuit chez toi…. blabla ». Tes amis vont peut-être raconter cette histoire à d’autres… Et tu connais le concept du téléphone arabe. Au fil du temps, ça va devenir l’histoire d’un type de ta région que les flics n’arrivent pas attraper et qui sonne aux portes en pleine nuit pour massacrer les gens.  Et bien-sûr, un jour ta mère va t’appeler pour te conseiller de ne pas ouvrir si on sonne chez toi après vingt heures, « il paraît qu’un maniaque traîne dans les parages ». Anxiogène, non ?

Quand j’étais petite, on racontait que les gitans enlevaient les petites filles aux cheveux longs dans les centres commerciaux. Il leur suffisait de les emmener aux toilettes, de leur couper les cheveux et de les habiller en petit garçon. Ainsi, malgré l’alerte lancée par les parents, ils pouvaient quitter les lieux l’air de rien. Glauque… (et raciste en plus !).

Aussi absurde que cela puisse paraître, les légendes urbaines ont une utilité. Tout comme les contes de fée et les films d’horreur (si, si). Elles ont un effet cathartique, elles cristallisent les peurs contemporaines et communes à une société et elles diffusent une morale et un message de prudence. Bref, les légendes te veulent du bien 😉

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Le slasher et la légende urbaine

Si les légendes urbaines inspirent un peu tout le cinéma, je crois qu’elles règnent surtout sur le sous-genre d’horreur « slasher ». Le slasher regroupe les films de tueurs en série (définition grossière, hein, je ne vais pas t’embarrasser de détails !). Il a explosé fin soixante-dix, début quatre-vingt avec Halloween, Black Christmas ou encore Vendredi 13. Et là, de la légende au film il n’y a plus qu’un pas.

Les ados regardent ces films comme ils se faisaient peur en partageant les mêmes histoires à la lumière d’une torche quand ils étaient plus jeunes. Bien entendu, les thèmes et les sujets d’angoisse évoluent mais le côté moralisateur et mise en garde est toujours d’actualité. Dans les années quatre-vingt, les règles étaient simples : si tu veux survivre, tu dois montrer pattes blanches. La final girl (celle qui survit à la fin) est blanche (si, ça compte dans le cinéma hollywoodien d’un autre temps ^^), vierge (point non négociable) et gentille. Tiens, c’est bizarre, ça correspondait à la libération de la femme cette période, non ? Toute une génération trop jeune pour avoir fait mai 68 découvrait une liberté que leurs aînées n’avaient pas connu. Pourquoi regardaient-elles ces films réac ? Il y a plusieurs tentatives d’explication mais je pense que c’était surtout pour trouver des limites entre leur éducation encore sévère et leur culture beaucoup plus légère.

Le slasher récent aborde d’autres peurs : le danger des nouvelles technologies avec Chain Letter, le besoin de gloire à n’importe quel prix avec Scream 4, la montée des extrêmes racistes avec Get Out… Tu vois où je veux en venir ? Voir ce qui nous angoisse (plus ou moins consciemment) à l’écran peut avoir un effet lénifiant (si, je t’assure !) et amène à réfléchir à nos valeurs.

Tu as peut-être vu American Nightmare ? Dans ce film, le gouvernement a trouvé la solution pour enrayer la violence. Tous les crimes sont autorisés une nuit par an. Ainsi, tu peux braquer, torturer, violer, tuer… tes voisins, tes amis, ta famille ou des inconnus en toute impunité pendant quelques heures. Les gens se déchargent alors de leur haine « légalement » et arrivent à rester sages le reste de l’année. C’est terrifiant. Et si ça arrivait ? Le voisin qui se plaint de ta télé trop forte un soir sur deux serait-il capable de te tuer ? Et toi, pourrais-tu mettre à exécution tous les plans de torture élaborés dans ta tête chaque fois que ton patron te contrarie ?

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Les légendes urbaines : une histoire de femme

Arf, j’ai encore des choses à dire sur le sujet… mais je vais conclure avec ce paragraphe sinon je vais te perdre ! Que tu aimes ou non les films d’horreur, tu te fais peur avec les légendes urbaines. Tu leur donne de l’importance, tu y penses. Tu es peut-être superstitieuse (oui, les superstitions sont des légendes ;)) ?

Et tu noteras que les légendes donnent surtout des leçons aux femmes : surveille tes enfants, surveille tes arrières aussi, tiens-toi à carreau. Le tueur au crochet s’en prend aux jeunes filles qui flirtent, non ? C’est bien UNE babysitter qui reçoit des appels étranges et qui finit par contacter la police qui découvre rapidement que les appels viennent de la chambre des enfants qu’elle garde. Dans mon histoire, ce sont les petites filles qui disparaissaient dans les supermarchés. Dois-je vraiment dire ce que je pense du carcan féminin ? Je t’épargne ça pour aujourd’hui, comme on dit « c’est une autre histoire ! »

Allez, que celle qui n’a jamais fait circuler une chaîne par superstition un jour dans sa vie lève la main 😉

2 réponses sur “On aime tous les légendes urbaines”

  1. Coucou !

    Comme je te le disais sur Twitter, je suis assez superstitieuse et pas mal trouillarde sur les bords.
    Quand j’étais petite, mon cousin m’a parlé de la fameuse Dame Blanche qui apparaissait dans un virage. Ça m’a traumatisé lol. J’avais peur quand on partait de nuit avec mes parents et je m’imaginais des choses qui n’existaient pas.
    Le même cousin (il était sadique lol) m’a parlé de Bloody Mary, j’avais peur des miroirs. Bref… Me suis calmée en grandissant / vieillissant mais j’y pense encore de temps en temps.

    J’avais entendu parler de la légende urbaine sur les gitans mais plus récemment. Je travaillais à Auchan et certains membres du personnel racontaient cette histoire.

    Je me souviens des soirées films d’horreurs que je faisais avec les copines, on avait la trouille mais ça fait des bons souvenirs.

    Je m’éloigne un peu du sujet mais on a déjà essayé plus jeunes le spiritisme et ça n’a jamais fonctionné. Mais plusieurs copines m’ont raconté que ça avait déjà marché.

    Bisous !

    1. Coucou Amandine,

      Alors moi, c’est mon voisin qui me faisait peur… Il me racontait des histoires de poupées qui tuaient les gens. Et aussi des histoires de lune de miel qui tournaient au cauchemar à cause d’un tueur fou. Bref, grande terreur ^^.

      Ah ben c’est drôle, je ne l’ai pas précisé mais selon la légende, les gitans sévissaient dans les Auchan de ma ville, mouahahah ! Et si ça n’était pas une légende ? ;)) Plus sérieusement, les gens du voyage en général souffrent toujours de beaucoup de rumeurs. C’est pas cool :/ mais je comprends que leur mode de vie questionne et inquiète, et par conséquent, ça alimente les rumeurs.

      Ah le spiritisme, j’en ai fait aussi ! Et j’espérais que ça marche mais non :/ Par contre comme toi, j’ai des amies pour qui ça aurait marché ou qui connaissent des gens qui connaissent des gens… 🙂

      Et sinon oui, les soirées horreur laissent de bons souvenirs, surtout quand on est jeune. Il y a un côté « rite initiatique », on a l’impression de faire un truc de fou 😉

      Bisous !

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