Parfois je fais la gueule à mon bichon

Ce matin, j’ai eu du mal à émerger. Ça fait quarante trois nuits que je ne dors pas d’une traite avec ma merveille que j’allaite à la demande. Je suis constamment dans le coaltar et même si je suis d’humeur gaie et que j’ai le rire facile, tu imagines que ma patience se heurte vite à mes limites. Et parfois, je fais la gueule à mon chien. Comme aujourd’hui.

Je disais donc que le réveil a été difficile. Quand j’ai ouvert les yeux, j’avais juste envie de les refermer. Mais je sais que le temps est précieux depuis que je suis maman. Alors je me suis levée pour pouvoir profiter d’un café avant que ma fille n’émerge à son tour. J’ai avalé deux ou trois expresso tout en me préparant. Puis, j’ai agencé la salle de bain façon spa pour le bain de bébé. Avant de partir au travail, mon mari avait fait monté Dina (ma chienne, donc) dans notre lit. Il le fait souvent parce qu’elle adore ça et ce détail a toute son importance dans ce récit : j’humanise trop mon chien. J’imagine qu’elle est reconnaissante pour ce geste.

Pire : j’imagine qu’elle est consciente de ses privilèges quand je la laisse profiter un peu plus du lit alors que je me lève pour me préparer. Ce matin, j’avais rempli ma part du marché, le réservoir d’amour de Dina était plein, selon moi. Ma fille a ouvert les yeux, on a fait un câlin toutes les trois et j’ai décidé de laisser Dina dans le lit parce qu’elle semblait avoir encore envie de dormir un peu. Direction la salle de bain, mais une fois mon bébé en body, Dina a débarqué avec une envie pressante. J’aurais pu l’enfermer dans la salle de bain avec nous, elle se serait retenue, mais je ne trouvais pas ça très sympa. Alors je suis allée lui ouvrir la porte. Elle est sortie en hurlant comme une forcenée. Merci pour les voisins.

Ma fille aussi commençait à s’impatienter et donc à crier. J’ai géré le truc à la Lynette Scavo (si tu ne comprends pas la référence, ça signifie pas très bien ^^). Les pleurs de mon bébé étaient légitime, elle avait peut-être froid en body ; elle voulait prendre son bain et manger. Par contre, Dina qui traversait le jardin de long en large en hurlant à la mort, je n’arrivais pas à le justifier et autant te dire que ça me faisait bouillir. Elle a fini par rentrer et à ce moment précis, je ne lui faisais pas encore la gueule.

Retour à la salle de bain. Un bain de nourrisson ne dure que quelques minutes. Même en ajoutant les soins annexe comme le séchage / crémage / récurage de naseaux / prise de vitamine… L’affaire est bouclée en moins d’un quart d’heure. On sort toutes les deux guillerettes de la salle de bain, c’est l’heure du petit-déjeuner. Sauf que Dina, qui était pourtant sortie quelques minutes plus tôt, avait décidé de faire ses besoins dans la chambre du bébé. En mode normal.

À ce moment-là, j’ai décidé de faire la gueule à mon chien.

Je n’ai pas crié, j’ai juste pris la décision, en pleine conscience, de l’ignorer. J’ai posé ma fille le temps de nettoyer. Comme elle s’attendait à manger, elle s’est mise à pleurer. Le raccourci s’est fait tout seul : Dina fait pleurer ma fille exprès. Note bien le « exprès ». Quand j’écris ces mots, ça fait plus de deux heures que je fais comme si ma chienne n’était pas là. Je tourne la tête quand elle approche, je la repousse quand elle veut s’asseoir près de moi. Bref, je suis ridicule.

Au final, on sera d’accord pour dire que je prête à ma chienne de mauvaises intentions qu’elle n’a pas. Je me déresponsabilise de mes émotions. Objectivement, j’ai manqué de jugeote et d’organisation. J’aurais dû forcer Dina à se lever en même temps que moi. Elle serait sortie avant le réveil de ma fille, j’aurais pu la surveiller tranquillement. Elle aurait été propre. La matinée aurait été sereine et bébé n’aurait pas eu à attendre que je nettoie le sol pour manger.

Cette histoire est banale. Si on analysait chaque colère de nos journées, on en trouverait des moments de déresponsabilisation ! C’est toujours la faute des autres, des événements ou des objets. Accuser les circonstances ne nous rend pas plus heureux. Alors pourquoi ne pas prendre le taureau par les cornes ? Le bonheur ne viendra pas des autres ou des objets, il ne viendra que de toi. Si quelque chose est important pour toi, ne t’en décharge pas, agis. Un exemple : tu tiens à ce que le lit soit fait tous les jours ? Fais-le. N’attends pas après ton conjoint qui s’en moque peut-être. Fais ton fichu lit.

En gros, arrête de te mettre toute seule en échec. Ne décide pas de réaliser un gâteau super compliqué si tu sais que tu n’as pas le matériel adéquat. Je sais très bien qu’à la fin, tu accuseras ton four tout pourri d’avoir fait foirer ta recette. J’ai accusé mon four pendant des mois alors que je savais très bien qu’il dysfonctionnait 😀

Quand on commence à accepter qu’on n’est pas parfait et qu’on est responsable des aléas du quotidien, on retrouve le sourire. Ça fait peur d’être responsable. Mais ça signifie également qu’on a le pouvoir de renverser la balance. Ce matin, j’ai failli dans mon organisation et j’ai accusé ma chienne de nous avoir fait commencer la journée du mauvais pied. Mon bonheur dépendrait-il de mon bichon ? Certainement pas. Demain, je ferai en sorte de reprendre le pouvoir sur ma bonne humeur. #keepthepower

Et toi, sur quelle situation du quotidien vas-tu reprendre le pouvoir demain ?

2 réponses sur “Parfois je fais la gueule à mon bichon”

  1. Ton article est tellement sensé et juste, j’adore <3. Courage pour ta vie de jeune maman, tous le sparents sont d'accord pour dire que c'est un rythme difficile à tenir, notamment niveau fatigue.

    De mon côté ça fait bien longtemps que j'applique l'adage "on n'est jamais mieux servi que par soi-même", et ce, bien avant de vivre seule ! Cela m'évite pas mal de déconvenues et frustrations, mais ça m'empêche pas d'être tête en l'air et maladroite et que ceci pourrisse une partie de ma journée parfois ahah. Plus généralement, je vis pour moi, autant que possible je choisis ce que je veux faire ou comment je veux le faire, car personne ne le fera à ma place. Des bisous 🙂

    1. Merci pour tes encouragements Delphine 🙂
      Tu as une très belle philosophie et tu as tout juste : à attendre des autres, on se frustre soi-même.Et en plus, on crée des disputes pas toujours très utiles… D’ailleurs, ça marche en couple mais aussi en famille, entre amis ou même au boulot.
      Et puis ça évite du stress aussi, si tu fais ce que tu veux faire, bah… c’est fait ! Pas la peine de s’inquiéter de savoir si l’autre s’en est occupé ou non. Bon, là Delphine la psychorigide qui parle ^^

      Bisous :*

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