Est-ce qu’on peut arrêter de parler de nos corps ?

Je sais qu’on est tous différents et que tu n’as peut-être pas le même point de vue que moi. Il faut de tout pour faire un monde, dit-on. Mais parfois, je suis comme exclu du jeu. À l’instar d’à peu près tout le monde, ado j’étais complexée. Mais en vieillissant, j’ai mis de côté tout ça. Non, mon corps n’est pas parfait mais c’est la vie ma pauvre Lucette. En fait, je m’en fiche.

Je suis blogueuse beauté et si tu scrolles mon blog, tu vas voir des photos de ma trombine un peu partout mais je ne crois pas pour autant être une personne narcissique. À vrai dire, je ne me regarde pas vraiment. Il y a moi et il y a mon physique. Il y a moi et il y a mon corps. L’un ne va pas sans l’autre mais je sais que ma personne n’est pas définie par le non-alignement de mes dents, le nombre de mes points noirs ou le taux de cellulite dans mes cuissots.

J’ai un physique par lequel les autres m’identifient mais c’est tout. J’ai beaucoup de mal à comprendre qu’on juge les gens sur leur look, par exemple. Quand j’entends « le gars qui vient en jean passer un entretien, c’est mort d’entrée », je reste perplexe. J’ai un piercing dans le nez mais ça n’a pas changé ma manière d’appréhender le travail. Je veux dire par là que j’étais la même personne avant et après que l’aiguille ne passe dans mon septum. Pourtant, je suis sûre qu’en entretien d’embauche, je pourrais perdre des points avec ça. C’est dingue cette manière que les gens ont de s’arrêter au physique. Je dis « les gens » parce que si je ne suis pas parfaite et que je juge peut-être parfois trop vite aussi, je crois que mon seuil de tolérance est un peu plus haut que la moyenne (je crois…).

Mon corps, mon rêve

Et puis, il y a le corps. Après le body shaming, bienvenue au body positive que je n’aime pas plus. Pourquoi faut-il encore et toujours en revenir au corps ? Il y a un faussé entre la publicité et la vie, suis-je la seule à penser que la publicité n’est pas la vie ? Pourquoi vouloir absolument que les gens qui nous vendent du rêve à travers le petit écran soient les mêmes que ceux qui nous vendent du pain au coin de la rue ? Quand je regarde un film, je veux rêver, je suis sûre que toi aussi. Je ne regarde un film qui raconte une vie banale, ce serait ennuyeux ! J’aime qu’il arrive des choses dingues aux héros.

La publicité, c’est la même chose. J’aime qu’elle me transporte. Je n’ai pas envie que mes défauts apparaissent dans la boîte à bêtises, je les connais, merci, pas la peine de me les rappeler. Je ne me sens pas humiliée ou rabaissée par la publicité. Mieux, la publicité me rassure. Au fond, je sais bien que je ne serais jamais la fille de la pub, mais j’achète mon morceau de rêve. Quand je me parfume avec Parisienne, je suis Kate Moss à l’arrière d’un taxi. Quand j’enfile un bikini, je suis Natalia Vodianova pour Etam. Et voilà, je suis heureuse, il ne m’en faut pas plus.

Mon corps, mes complexes

Je ne regarde pas mon corps sous toutes les coutures parce que… je n’ai plus quinze ans. Je sais que certains adultes le font mais pas moi ; ça ne m’intéresse pas. Mais je connais mes « défauts ». Si tu veux tout savoir, j’ai des vergetures. Je ne sais pas d’où elles viennent exactement parce que je ne crois pas que mon poids ait jamais varié plus que ça, sans doute ai-je la peau sèche ou fragile, ou les deux ! Je vis avec depuis que j’ai environ quatorze ou quinze ans, autant dire la moitié de ma vie. Elles sont là mais je n’y pense pas.

Et puis il y a eu Asos et ses mannequins à vergetures. Tu en as peut-être entendu parler sur la toile ? Asos a eu une idée louable : ne plus retoucher ses mannequins. Ainsi, tu as des bikinis présentés par des filles gaulées comme des déesses mais à la fesse explosée de cicatrices. J’ai les mêmes vergetures, je me vois assez en sous-vêtements pour savoir qu’en bikini elles sont plus que visibles ces longues lignes blanches. Je n’ai jamais complexé à cause de ça parce que je pars du principe qu’on s’en fout. Pour être un peu plus crue : les copains et même les inconnus s’en battent lec’ que je sois zébrée du fessiers.

Mais depuis que j’ai découvert cette campagne Asos, j’y pense. Je suis en bikini et pendant un quart de seconde, je me dis « peut-être qu’on me regarde ». Peut-être qu’on pense « tiens, elle a des vergetures comme les models Asos ». Je suis en colère du coup : je n’avais pas de complexe, maintenant « j’y pense ».

Le Body positive, ou pas !

Tu m’excuseras d’aller à contre courant mais moi, je body positive me fait vomir. Je veux que la pub me vende du rêve, pas qu’elle me balance mes défauts par la tronche. Je sais que c’est du fake, que le Dieu Photoshop passe par là et tutti quanti. Mais ce sont des choses qui devraient relever de l’éducation : il faut apprendre à ses enfants à faire la part des choses entre la vraie vie et le fantasme derrière l’écran.

Sous couvert de body positive, j’ai l’impression qu’on appuie là où ça fait mal. Les campagnes Dove me mettent mal à l’aise. Je n’ai pas envie d’acheter les produits Dove parce que ça ne me vend que de la banalité. Quand j’utilise un gel douche, je peux pendant une seconde m’imaginer sexy sous une cascade d’eau chaude. Si j’utilise un gel douche Dove, je ne suis plus qu’une fille lambda qui prend une douche barbante. Fin de l’histoire. Zéro rêve.

Je sais que mon point de vue n’est pas partagé par la majorité. Mais moi qui ne regarde quasiment plus jamais la télé, je t’assure que si les publicités commencent à me renvoyer mes défauts par la tronche, c’est le poste que je vais bazarder. Adieu également le shopping en ligne & cie. On râle que les mannequins ne représentent pas la vraie vie mais peut-être qu’elles permettent juste de s’évader du quotidien, non ?

Et toi, quel est ton rapport à la publicité ? Comment te sens-tu quand un de tes « défauts » est mis en exergue à l’écran ou dans un magazine ?

PS : si tu te poses la question, la photo qui illustre mon article a été prise l’été dernier ou peut-être même le précédent. Pas sûr que mon ventre soit aussi plat aujourd’hui mais tu sais quoi ? Je m’en b… 😉

PS 2 : tu es canon comme tu es et dans toute ta singularité et à travers ta personnalité. Ne laisse ni le body shaming, ni le body positive te faire croire le contraire.

PS 3 : ok… J’arrête !

35 réponses sur “Est-ce qu’on peut arrêter de parler de nos corps ?”

  1. Je comprends ton discours sans forcément partager ton point de vue, du moins, certains aspects. Je pense que la réalité fait qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, on accorde une (trop) grande importance à l’apparence. Sur tout ce qui est de juger, je te rejoins complètement. Ce n’est pas parce qu’untel a un tatouage ou un piercing qu’il est moins performant au travail qu’un autre. C’est fatiguant faire attention parce que « professionnellement, ça ne passe pas »…
    Par contre, pour ce qui est du « body positive », j’avoue que je suis plutôt pour ce mouvement dans le sens de se plaire évidemment. C’est-à-dire que si on ne se sent pas bien dans son corps, quel que soit son poids, on doit agir. Et l’inverse est vrai également: qu’on ait des kilos en plus ou en moins, si on est épanoui ainsi….on peut être fier….Dans ce sens, je suis vraiment pour le body positive. Maintenant, par rapport aux publicités, pareil, je ne suis pas contre le fait de représenter un peu monsieur ou madame tout le monde sans pour autant complètement rejeter la part « d’inaccessible  » de certaines publicités. Qu’il y ait de la diversité. Oui, il y a Dove mais à côté, il y a toujours aussi des pubs St Laurent qui montrent des « corps » que je ne croiserai probablement pas dans la rue tous les jours…..Bref, perso, ça ne m’irrite pas plus que ça tous ces mouvements (enfin…le body shaming, si quand même)

    1. Effectivement, il faut toujours agir en fonction des autres. C’est le propre de la vie en communauté tu vas me dire mais on reste des individus. On est différent et on a le droit de ne pas avancer au même rythme, de ne pas être comme notre voisin. Parfois, j’ai l’impression d’être entourée d’âmes bien pensantes prêtes à me tendre la main si je les écoute ou à me brûler vive si j’ignore leurs sermons…Ce n’est pas agréable.
      Je suis aussi pour le body positive dans le sens d’encourager les gens à s’aimer ou trouver un moyen de s’aimer. Ce qui me saoule c’est que sous couvert de bienveillance, on te rappelle gentiment que t’es bien comme t’es mais bon, t’es loin des canons, hein… Ça me fait grincer des dents ça !!
      C’est vrai que je ne suis peut-être pas allée assez loin dans ma réflexion concernant les pubs : la diversité est loiiin de me déranger. Au contraire, j’aimerais qu’on m’invite à rêver à travers d’autres cultures, notamment. Ce qui me fait peur, c’est qu’un jour plus aucune pub ne me fasse rêver ou même rire parce que tout est policé et tout est lissé pour nous ramener dans notre quotidien. J’aime bien les pubs YSL moi, elles sont inaccessibles. À tel point que je ne me compare même pas, ça me fait juste rêver un instant 😀

  2. Très intéressant ton point de vue.
    Il y a certains points où je suis d’accord et d’autres non, mais je comprends ton point de vue.
    Pour le body-positive, j’adhère car c’est un mouvement qui m’a permis peu à peu de m’aimer, d’accepter mon corps dans son imperfection.
    Après pour les publicités, j’adore quand elles font rêver, notamment les publicités pour parfums. Ma préférée est celle de Shalimar en Inde.
    Après tu as raison c’est une éducation de différencier le réel de l’imaginaire.

    1. Moi aussi j’adore la pub Shalimar *.*
      Malgré mon coup de gueule, ça me fait plaisir de lire que le body positive a eu une bonne influence sur toi. Après tout, je suis peut-être un extraterrestre. Moi, ça me fait me sentir mal à la l’aise. Ça soulève des questions auxquelles je n’avais pas pensé avant. Comme cette histoire de vergetures mais ça marche avec tout. Globalement, je trouve qu’on parle beaucoup du corps, du physique. Comme si c’était le plus important. J’aimerais être définie par autre chose, j’aimerais qu’on arrête de me rappeler en permanence que la première chose qu’on voit c’est mon physique, et accessoirement mes défauts :/

  3. Je vais t’avouer un truc, j’avais retweete ton article et puis j’ai annulé mon retweet.
    Je suis en partie d’accord avec ton article, certains angles, certaines phrases, mais je suis moins d’accord avec d’autres.
    Je te suis sur le point qu’on parle trop de notre corps. C’est vrai. Finalement on ne se résume pas qu’à ca : on est bien plus qu’un corps, qu’un physique.
    c’est vrai aussi qu’on doit pouvoir prendre du recul et faire la différence entre les photos des magazines et nous. Et apprendre « à nos enfants » a faire cette distinction comme on le fait pour un film. Pour tout ca je te rejoins

    Par contre ce qui me chipote, et à mon avis tu t’en doute, c’est la partie sur le body positive. Personnellement je préfère le terme body kindness car il est résonne plus justement : être gentil avec soi, Avec son corps. Peu importe notre femme.
    Je trouve ça louable que certaines femmes, dont moi, puisse se sentir bien Avec ce terme. Quand tu entends de grands couturiers ou de grandes personnalités dire qu’il n’y a pas de Place pour les corps plus gros, ou louer la maigreur « mortelle », je comprends qu’un mouvement body positive se dresse. Parc equ’on a tellement pointe du doigt les corps plus épais.

    Comme je dis, j’encourage un peu ce mouvement, dans l’idée de s’accepter comme on est, de ne pas se comparer et de s’embrasser avec toutes nos imperfections. Comme le reportage Embrace que je trouve magnifiquement fait.

    Je sais que tu aimes discuter et que tu es ouvertes au débat, et j’espère que mon commentaire ne te blesse pas 🙂

    1. What ?! Tu n’es pas entièrement d’accord avec moi ? Je te raye de ma liste d’amis ad vitam aeternam 😉
      J’avoue avoir été surprise que tu RT avant même de venir râler ici ! Mais non, ton commentaire ne me blesse pas du tout. Je crois que je n’ai pas été parfaitement claire : je suis contre le culte de la maigreur aussi (je suis contre tout en fait ^^). J’en ai marre qu’on pointe constamment le corps (particulièrement féminin).

      J’ai adoré Embrace et je te remercie de me l’avoir fait découvrir. J’aime ce genre de Body Positive ! Ce que j’aime moins c’est qu’on montre des filles normales et qu’on dise « tu vois, elles ne sont pas parfaites mais elles sont jolies quand même ». Ça veut dire quoi « elles sont jolies quand même » ? Pour prendre un exemple concret et reparler de mes vergetures (oui, c’est ma passion :D), avant je n’y pensais jamais quand j’étais en bikini, JAMAIS. Asos est arrivé en véhiculant le message « t’en as mais bon, c’est pas si pire, ça passe », depuis, j’ai toujours un quart de seconde où je me dis « ah oui c’est vrai, ma peau n’est pas parfaite »… « mais bon, ça passe ». Les vergetures, ce sont des cicatrices, elles sont là, elles y restent. Aucun régime ni aucun sport n’en viendra jamais à bout. C’était moi, comme mes yeux marron, c’était une caractéristique immuable. Maintenant j’ai l’impression que c’est une singularité, que c’est bizarre.

      Je ne suis pas contre la « diversité » à la TV. Je ne veux juste pas que ce soit de manière dégradante. Si YSL prend une fille comme toi ou comme moi dans son prochain spot, c’est cool, tant mieux mais je ne veux qu’il fasse comprendre qu’il le fait par pitié pour que les filles lambdas se sentent mieux. Par exemple, tu vois Eva Longoria ? Elle est toute petite, elle fait moins d’1 m 60, elle ne rentre donc pas dans les canons de beauté. Pourtant quand elle fait une pub pour L’Oréal, on ne met pas cette caractéristique en avant. On ne dit pas « elle est hispanique et naine, mais bon… ça passe », on véhicule juste le message qu’elle est putain de canon (ce qui est vrai). J’aimerais qu’on puisse faire la même chose avec toutes les filles peu importe leur taille, leur poids, la forme de leur nez…

      J’en ai marre qu’on pointe nos défauts en nous disant « tu peux être heureuse malgré tout ». Euh pardon ? Je l’étais avant ton message :((. Est-ce que je suis plus claire ?

          1. Ha ha ha vous les français !

            Pour moi râler c’est maugréer, pester, de manière négative.
            La je débat u_u
            C’est complètement different
            Et ca part d’un bon sentiment
            :p

          2. T’inquiète, j’avais compris ma biche ! Je te charriais.
            Tout ce qui vient de toi part d’un bon sentiment de toute façon.
            PS : ta définition de râler est par-fai-te !
            :*

  4. Partiellement d’accord avec toi 🙂 Je suis comme toi pour les pubs, le gras et les vergetures ça ne me fait pas rêver. Tant mieux si la personne est à l’aise avec son corps, si ça parle à d’autres, mais moi, non. Ça ne me fait pas acheter et ça ne rend pas la marque plus sympathique à mes yeux, au contraire. Et derrière le discours marketing, on aime toutes les femmes blabla, il y a aussi (et toujours) l’envie de faire le buzz.
    Par contre l’histoire du mec qui vient passer son entretien en jean, pas d’accord. Parce qu’il y a certains codes à respecter, c’est comme ça. Si je recrute un commercial et que le mec se pointe en jean, je me dis qu’il s’habillera comme ça pour aller voir ses clients, sur un salon, et que ça ne passera pas avec la clientèle. Faire un petit effort vestimentaire, c’est aussi une forme de respect du client et de l’employeur (je trouve)

    Bisous !!

    1. Hello ma petite Aurélie !

      Idem, tant mieux si ça parle à d’autres mais je vois vite les limites et le côté « t’es vraiment pas parfaite mais bon, on va faire avec ». En fait, je me sens agressée quand un de mes « défauts » est mis en évidence à la TV ou dans un magazine. Mais je me sens un peu seule pour le coup, ahah !

      Je dois être un peu autiste sur les bords parce que clairement je comprends les normes vestimentaires, je comprends que certains (comme toi) y ajoute une notion de respect. Mais ce n’est pas du tout logique pour moi. Mais alors vraiment pas ! C’est un concept qui me dépasse entièrement. Je ne remarque jamais le look de quelqu’un qui est bien dans ses pompes (sauf di vraiment excentrique), par contre je capte tout de suite celui qui est endimanché et qui n’en n’a pas l’habitude. Et son malaise transpire sur moi au point que son discours sonne creux. Moralité : si tu veux me faire acheter quelque chose, reste toi-même :D. Mais bon, il paraît que j’ai un problème avec la hiérarchie et le respect des règles, je ne t’apprends rien 😉 D’ailleurs en parlant de tenue inappropriée, j’ai fait tous les trails dans mes baskets en toile Le Temps des Cerises. Je suis trop rebelle 😉 (et j’ai eu mal aux genoux,à la plante des pieds et aux chevilles, mais chut !)

      1. J’ai vu ça sur tes photos…je me suis dis, elle abuse ! 🙂 Pense à ton petit corps, parce que si tu choppes une tendinite à cause de tes pompes, tu vas voir tu vas souffrir pendant des semaines (on n’y croit pas trop tant que ça n’est pas arrivé, mais fais moi confiance – parole de traileuse 🙂
        Je t’écris ce weekend bises

        1. Bah je te crois puisqu’en 2014 je me suis blessée au genoux. J’ai souffert pendant des mois avant de prendre un RDV médical. J’ai fait plein d’examen et c’est à l’IRM (le dernier recours !) qu’on a vu que mon cartilage était déchiré. J’avais un traitement que j’ai oublié de prendre ^^ et depuis la douleur est exceptionnel donc je n’y prend plus garde. Jusqu’au jour où ça reviendra… Je suis désolée, je suis nulle avec ma santé… j’sais pas pourquoi 🙁

  5. Ton article est très intéressant, je comprends ton point de vue sur certains points 🙂 Je pense qu’en ce moment on voit des corps partout, tout le temps, cette volonté de montrer son corps plus que sa personnalité, ses passions me dépasse complètement. Je crois que mon complexe est là, je ne montre pas mon corps sur les réseaux sociaux c’est pas mon truc, du coup cela me renvoie l’image de moi d’une fille coincée et pas libérée. Alors que ce n’est pas le cas, je ne vois juste pas l’intérêt pour les autres de voir mon corps.
    Pour ce qui est du body positive, je pense que c’est un effet de mode et qu’on devrait parler de body diversité pour montrer que le corps est multiple. Par exemple, la pub Dove et bien moi je ne m’identifie pas parce qu’aucune ne me ressemble vraiment notamment au niveau de la diversité ethnique et pour moi cela joue plus que le corps.
    Ah le sujet de la tenue de l’entretien, je suis d’accord avec toi sur le fait qu’en France on y fait trop attention, et pourtant en jean ou en costard les compétences ne changent pas. Même si derrière la tenue, on peut voir la capacité de la personne à s’adapter à un environnement et s’il n’est pas prêt à jouer le jeu pour la tenue le reste risque d’être encore plus compliqué.

    Biz

    Addictshoppeuse

    1. Coucou ma belle, ton commentaire est passé en spam pour des raisons mystérieuses, excuse-moi du délais !

      J’ai aussi du mal avec le fait qu’on fasse une overdose de corps comme si il n’y avait que ça. En même temps, c’est vrai que le corps est important, mais à trop le montrer et à trop l’observer à la loupe, on oublie que ça n’est pas un objet mais bien un « véhicule ». Quelque chose à entretenir, à nourrir et à aimer parce que c’est grâce à lui qu’on vit nos passions et qu’on transmet notre personnalité aussi.

      Le body positive est un effet de mode, c’est sûr. Ce qui me gène, c’est que je trouve cela pervers. Comme je le raconte un peu en long, en large et en travers, j’ai l’impression qu’on me dit « t’as vu que ta fesse est comme ça et que ton bide déborde ? Nan mais c’est pas grave hein, ça passe ! ». C’est un peu comme le tranchant « whoua t’as grossi ! ça te va drôlement bien 🙂 ». J’aime pas, je me sens agressée.

      Je suis un peu radicale sur les tenues, j’en suis consciente. Pour le coup, j’ai du mal à me fondre dans le moule et on me le reproche parfois (souvent, en fait…) mais chaque fois que je fais l’effort de jouer le jeu, j’ai justement l’impression de jouer. C’est comme si j’étais déguisée, une comédienne sur les planches. Je sais que ça m’est propre, hein ;)) (même que je me soigne !)

      Merci pour ton commentaire ♥

  6. Tout à fait d’accord avec toi !
    Si on pouvait arrêter de faire dans le positif ou le négatif à analyser le corps de chacun et rentrer dans la case du « healthy » ou « curve » ou « A V H etc » franchement, on a un corps c’est un fait.
    Les hommes on en fait pas autant un plat. Donc il faudrait arrêter de le caractériser dans un sens ou dans l’autre.
    L’essentiel ? faut être bien dedans et basta. Arrêter de faire l’apologie de l’un ou de l’autre !

    1. Merci ! Suite aux réactions des unes et des autres, j’ai eu le sentiment de ne pas avoir été assez claire dans mes propos. Mais tu les les résumes à merveilles. J’aimerais juste qu’on stoppe l’analyse et que, comme la majorité des mecs, on s’accommode de ce que la nature nous a donné. Évidemment, on peut faire des régimes, du sport et tutti quanti si on veut mais ça devrait rester du domaine de l’intime, du post « humeur », sans que ça devienne une case ou un pression ou autre. Laissons-nous vivre et laissons-nous être qui on veut !

    2. Si je puis me permettre de m’incruster… je ne pense pas que les hommes soient si détachés que ça de leur physique, bien au contraire ! Il se trouve que pour une émission j’ai réalisé un micro-trottoir et les garçons que nous avons interrogés étaient plutôt préoccupés par ça, de même le nombre d’hommes pratiquant la chirurgie esthétique augmente !

      1. Ah oui ? Je veux bien te croire. Néanmoins, je reste persuadée qu’au quotidien ils n’ont pas la même pression. Un exemple tout bête, il y a quelques semaines, on a vu du monde avec mon mari. Il était en polo / jean / basket (alors que la semaine, pour bosser, il est plus « classe »). Moi, j’étais en débardeur girly / jean slim / baskets. On ne lui a fait aucune remarque. Moi j’ai eu droit à « pourquoi tu ne mets jamais de talon ? » et sur un ton un peu rigolo (même si ça ne l’était pas) à « t’aurais pu te maquiller pour aller restau quand même ! ». Comment dire… Regardez vos propres miches et on en reparle, ok ?
        Après, on a un copain qui a pris du bidou et clairement, il est plus « moqué » gentiment que quand ça arrive à une fille avec qui on sera moins cache. Donc je comprends ta théorie !

        1. Non, évidemment, la pression est différente, je ne suis pas certaine qu’elle soit moins forte, mais elle se manifeste différemment, c’est une certitude étant donné que c’est très lié au concept de genre. Mais il n’empêche que les hommes sont quand même préoccupés par leur physique.

          1. Et je rajoute que les hommes ont vu leur place évolué en quelques décennies dans la société. On leur en demande autant qu’au femme : travailler, gérer son foyer, tout réussir… Je pense aussi qu’ils doivent souffrir dans cet ère. Ça leur apprendra à nous avoir maltraitées pendant des siècles ! (joke ;))

  7. C’est marrant que tu sois contre l’attention sans arrêt portée au corps, mais qu’en même temps tu aies besoin d’un corps « glamour », vendeur, lisse et standardisé pour avoir envie d’acheter un gel douche 🙂 J’ai vraiment du mal à voir la logique dans ta manière de penser

    1. Effectivement, on me dit souvent que je suis illogique. Mais moi, je me trouve très logique 😀
      Plus sérieusement, ce n’est pas tellement les corps standardisés qui me font acheter. C’est plutôt le fait que la mannequin soit tellement « neutre », tellement « habituelle », que je n’y prête plus attention et que ça pourrait être n’importe qui, dont moi, dans mon imaginaire.
      Après je ne suis pas contre une diversité de corps tout ça, je veux juste que ça paraisse naturel. Pas qu’on appuie sur l’imperfection dans l’esprit « regardez, elle n’est pas parfaite hein, mais ça passe… ». Je me sens agressée quand les « défauts » sont mis en évidence, ce n’est pas un argument de vente pour moi.

  8. « « le gars qui vient en jean passer un entretien, c’est mort d’entrée », je reste perplexe » : Je peux comprendre cet argument dans le sens où un entretien est un passage important. Pas question de jouer à être une autre personne, mais je comprends que le jean puisse rebuter, comme si la personne prenait l’entretien par-dessus la jambe… Au final, dans un entretien, on est pas censé venir avec notre « look », personne, je pense, n’a son vrai look en entretien dans le sens où même si on peut rester fidèle à soi-même, on est quand même censé faire un minimum d’efforts… Du coup je ne suis pas sûre que le vêtement soit un bon exemple, par contre le piercing davantage !

    Quand tu parles de la pub, tu cites de grands noms et tu dis « je suis Kate Moss » et pas « je suis une fille parfaite, sans cellulite, toute fine, etc ». C’est bien que la personne qui vend l’objet est plus importante que sa perfection… certains actrices ont d’ailleurs dit que c’était assez perturbant de se voir sur des photos et de ne pas se reconnaître tant ça avait été retouché… le problème ce n’est pas que la pub vende du rêve c’est qu’elle le fait à outrance… et ça peut causer des problèmes, des complexes, surtout chez les jeunes. Je me souviens de l’article d’une blogueuse qui disait qu’elle avait perdu sa mère jeune et que les femmes de la pub étaient donc les seules femmes qu’elle avait pour modèle. Elle a été ainsi étonnée quand des poils ont poussé sur ses jambes et elle s’est mise à les détester. Ce n’est sans doute pas un cas représentatif de la majorité, mais je ne crois pas que ça soit non plus un cas si marginal que ça.

    Le body positive, de ce que j’en ai vu, est un peu plus que dire « on veut des filles comme nous à l’écran » c’est aussi dire « j’aime mon corps et je l’accepte » mais pas seulement. Le message de fond a été beaucoup éludé par la reprise massive d’internet comme le rappelle Virginie (http://www.virginiebichet.org/2017/07/ce-que-je-pense-de-la-tendance-body-positive.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=lifestyle).

    « On râle que les mannequins ne représentent pas la vraie vie mais peut-être qu’elles permettent juste de s’évader du quotidien, non ? » : il y a une différence entre permettre de s’évader et filer des complexes… je ne suis pas radicalement opposée aux retouches sur les mannequins, mais quand tu vois les « avant-après » c’est pas un ruisseau qui sépare les deux, c’est un fleuve ! Il y a des limites. Vendre du rêve : oui ; faire croire qu’on peut mesurer 1m80 et faire un 36 : non (sachant qu’en fait si, on peut, mais seulement si la constitution de notre corps, nos gênes, nous le permettent : j’avais une amie très fine qui mangeait beaucoup, à sa faim, et aimait manger).

    Au final je voulais aussi ajouter quelque chose. Ton titre m’a induite en erreur sur le contenu de ton article, au final il me manque un peu d’analyse, mais je le trouve intéressant, ce titre. Pourquoi parle-t-on de nos corps ? C’est une vraie question. Comme je le disais dans un article relativement récemment (que je peux te retrouver si tu le souhaites) il y a une contradiction incarnée par The Voice à savoir : il est important de dire que la beauté n’a pas d’importance. The Voice, le crédo, c’est de dire « on s’en fiche du physique, on juge la voix » et pourtant quand on regarde tous les candidats sont beaux… on est en plein dans le paradoxe. Pourquoi parle-t-on de nos corps ? Nous parlons de notre corps parce que nous appréhendons le monde avec deux sens principaux : la vue et l’ouïe. Le vue en premier, ainsi les gens beaux, grands, auront plus facilement des augmentations, par exemple, on trouvera les gens beaux plus sympathiques, etc. C’est inconscient pour une large part, mais c’est là. L’ouïe ensuite, qui fait que l’on juge la voix d’une personne. D’ailleurs j’en reviens à ce que l’on projette sur le physique. Ma soeur est allé au restaurant il y a peu : arrive un serveur plutôt imposant, chauve, et qui parle… avec une toute petite voix ! Elle a été surprise, parce que la voix ne colle pas au physique. Et ça, c’est parce que nous avons des codes et des motifs… je ne sais pas si tu as vu le film d’animation Ballerina ? Il y a Victor, personnage un peu fou-fou qui a la voix de… Malik Bentalha… ça colle pas trop. Au contraire la voix de Nick Wild dans Zootopie lui va parfaitement ! Sur un physique, une expression, une démarche, on colle un caractère. Le physique est important parce qu’il fait je pense plus de 50% de la première impression que l’on fait sur quelqu’un (et quand je parle de physique j’inclue les traits « bruts » du visage, mais aussi l’expression, les vêtements, la démarches, l’allure générale, en gros, si tu veux). On peut regretter ça, mais la vue est importante aux animaux pour survivre et… nous sommes des animaux. Nous avons construit nos habitats, nous avons développé nos esprits, mais nous restons des animaux avec des instincts d’animaux. Alors forcément, comme la vue est importante, le physique le devient (surtout dans notre régime du regardé et du regardant qui condamne celui qui montre, pas celui qui regarde). On cherche à être beau. Or, l’image de la beauté, l’idéal de la beauté, est mis en exergue par… les pub ! Alors on cherche, plus ou moins inconsciemment parfois, à se rapprocher des pubs, parce que l’on pense que c’est ce qui va plaire, nous faire paraître plus sympathique/accessible/abordable/fiable/digne de confiance. Et on se regarde, et on se fait du mal autant physiquement que psychiquement. On ne peut pas ne pas regarder du tout nos corps parce qu’ils sont nos vaisseaux et que l’on aimerait que le vaisseaux colle à son capitaine, à l’âme qu’il y a dedans, au caractère. Notre physique est notre étendard. Quelqu’un d’un peu rond paraîtra plus facilement fainéant quand quelqu’un de musclé paraîtra plus tonique et réactif… on ne peut pas ne pas regarder du tout nos corps… j’espère avoir répondu à la question de ton titre 🙂

    1. Tu as la palme du commentaire le plus long jamais laissé sous un blog, je crois 😀 Ravie d’échanger avec toi !

      J’ai pris l’exemple du jean parce que je l’ai souvent entendu. Alors que perso, je suis TOUJOURS en jean pour un entretien. En général, j’accommode le tout : la coupe est slim (pas boyfriend ^^), je porte un haut élégant et souvent une veste cintrée, et si j’ai rarement des escarpins, j’essaye de porter des sandales ou une paire de chaussures de ville. Mais je passe ma vie en jean et je ne vais pas acheter un pantalon exprès pour les entretiens. Si je suis recalée pour ça, je ne me serais de toute façon pas entendu avec la hiérarchie, pas de regret !

      Kate Moss est un super exemple : elle est « vieillissante » à en croire la presse à scandale. Même que (ne le répète pas)… elle aurait pris du bide !! Pourtant, dans les publicités où elle apparait, on ne dit pas « elle a la quarantaine, mais ça passe… ». Je crois que c’est ça la différence. Je n’aime pas l’idée qu’on pointe un défaut et qu’on l’érige en modèle en nous disant « tu as le droit d’avoir des vergetures », « tu as le droit d’avoir des bourrelets », « tu as le droit d’avoir des poils »… J’aime que les choses soient naturelles. Dans un autre commentaire, je donne l’exemple d’Eva Longoria qui est toute petite. Jamais aucune pub ne nous dit « elle est toute petite mais bon, elle peut quand même se faire belle, ça passe »… C’est implicite qu’elle ne soit pas dans les critères de mode actuels mais que ça reste une bombe atomique. L’exemple de la blogueuse que tu cites est effectivement un cas isolé, c’est triste qu’elle n’ait eu aucune modèle féminin (une grand-mère, une tante, une grande soeur…) pour remplacer sa maman. Mais il faut se rappeler que la pub est à but lucratif. On se leurre si on pense qu’elle peut avoir un impact positif sur l’éducation je pense (mais ça n’est que mon opinion).

      J’avais lu l’article de Virginie mais je n’étais pas particulièrement d’accord dans le sens où je n’ai pas l’impression que qu’on encourage la malbouffe & cie. Je crois que ce mouvement part vraiment d’un bon sentiment mais aujourd’hui, il est agressif (à mes oreilles en tout cas), j’ai l’impression qu’on me crache mes « défauts » à la figure, qu’on les placarde partout et qu’on me dit « c’est moche mais bon, c’est la vie hein ! »… Pour avoir lu un peu les copines, je sais qu’on n’a pas toutes la même vision alors encore une fois, ça n’engage que moi 😉 Concernant les retouches, je ne sais pas quoi dire. Ce n’est pas nouveau tu sais, on raconte que Sissi l’impératrice faisait retoucher ses portraits ^^. Je crois que je ne suis pas objective sur ce sujet parce que j’ai travaillé dans la pub et j’ai été formée à la retouche photo. Je sais que les photos sont toujours retouchée, ça ne me complexe pas. Pour moi, la pub est un monde factice. Les magazines sont la chocolaterie de Willy Wonka de la mode & la beauté 😉 J’arrive à comprendre que ça puisse porter à confusion ou complexé mais je pense sincèrement que ça relève de l’éducation. Il faut apprendre à ses enfants que la publicités n’est pas plus la vie que les jeux vidéos ou le cinéma…

      Je suis désolée que mon titre soit trompeur. J’y ai beaucoup pensé mais au final c’est ce qui m’anime. Je veux qu’on arrête d’en parler comme si c’était un sujet grave ou que sais-je. On nait avec un corps, on peut s’amuser à le modifier, à le sculpter… Chacun est libre de faire ce qu’il veut mais pourquoi devrions-nous être jugé, scruté, pointé en permanence ?

      Je n’ai vu ni Zootopie, ni Ballerina mais je comprends ce que tu veux dire. On fait beaucoup de projection par rapport à ce qu’on connait, ce qu’on entend, notre vision, notre éducation, notre culture… Et finalement, ce n’est pas grave. Tu as le droit de juger quelqu’un par son physique, ce qui me gène un peu plus c’est si tu lui fais remarquer ou si tu refuses de passer ce premier palier pour découvrir la personne. On peut penser « whoua la dégaine pourrie » mais s’arrêter à ça… c’est dur :/ Chaque personnalité est tellement complexe que c’est dommage de s’arrêter à une image. Perso, je sais que mon physique (ou mon allure générale d’ailleurs) ne laisse pas transparaître un dixième des facettes de ma personnalité. Du coup je me dis que c’est la même chose chez tout le monde et je ne veux pas passer à côté d’une chouette personne par préjugés.
      Mais pour en revenir à notre physique, j’aimerais juste qu’on se le réapproprie. J’en ai marre qu’on nous dise ce qu’on doit faire ou penser de notre corps. »Fais un régime », « ne fais pas de régime », « mange équilibré », « fais-toi plaisir », « t’as raté ta vie si tu ne fais pas dix heures de sport par semaine », « les fitgirls c’est de la daube »… Et si on faisait ce qu’on veut ? 🙂

      1. Ah oui ? Je laisse souvent des commentaires assez longs alors ça m’étonne pas trop x)

        Je pense que pour le cas du jean ça dépend vraiment de ce avec quoi tu le mets… je pense qu’au final de ce côté-là les femmes ont plus de liberté que les hommes qui doivent plutôt mettre un costard alors que les femmes peuvent se permettre plus de choses tant que ça fait un peu « habillé ».

        Au contraire, la blogueuse que je cite je ne pense pas que ça soit un cas isolé. Ce n’est clairement pas un cas représentatif, mais je ne pense pas que ça soit un cas si isolé que ça. Après c’est toujours la même chose : non, effectivement on ne dit pas « Eva Longoria est petite mais ça passe » mais on ne met pas non plus en avant le fait qu’elle soit petite. On vend pas sur son corps, on vend sur son visage et sa notoriété.
        Evidemment que la pub est à but lucratif… mais on peut gagner de l’argent avec l’éducation… je pense à la pub que les magasins U nous sortent à Noël en disant qu’ils ont foutu des enfants dans une salle de jeux et qu’ils ont joué à n’importe quoi sans prendre en considération leur sexe. Que ça soit par conviction ou simplement pour surfer sur une mode de ce genre de sujets, au final ils gagnent de l’argent sur un bon message. Mais c’est vrai aussi que si ces messages étaient constants ils perdraient sans doute un peu de leur valeur et ils ont de la valeur précisément parce qu’ils s’inscrivent dans le contraire de la « société ».

        Je n’étais pas non plus spécialement d’accord, mais j’ai cité son article parce qu’elle rappelle un peu l’origine du body positivisme. De mon côté ce que j’en ai vu c’est vraiment « acceptez votre corps » plutôt que « mangez gras sans faire attention, vous avez le droit ».
        Justement le message n’est pas « c’est moche mais c’est là vie » mais plutôt « c’est beau aussi ! ». Clairement les filles avec des vergetures de Asos c’est pas moche du tout… Maintenant le message a été tellement repris par plein de personnes et tellement détourné sans contrôle que y’a aussi des extrémistes qui s’en emparent, du coup ça finit un peu comme le féminisme avec certaines branches très extrêmes en mode « on n’a pas besoin des hommes » et autres « je porte plus de soutif parce que c’est inventé par un homme »… alors que d’autres féminismes sont beaucoup plus modérés.
        Oui, bien sûr que les retouches sont anciennes ! Tu crois que Louis XIV avait vraiment la tête de son portrait officiel en habits de sacre alors qu’il avait un bec de lièvre ? Ça m’étonnerait beaucoup ! L’enjeu de sa représentation était bien trop important, le portrait a été copié en envoyé dans toutes les cours d’Europe ! Il faut effectivement éduquer le regard, mais on ne peut pas le faire efficacement si l’on interroge pas le procédé même de la retouche, je pense.

        Haha, ne t’excuse pas ! C’était très intéressant quand même ! La preuve, j’ai lu jusqu’au bout et j’ai écrit un commentaire fleuve ! 😀

        Oui, évidemment c’est idiot de s’arrêter à une image, juste ça, sans même entendre la personne, sa façon de parler, de quoi elle parle, etc. Mais il n’empêche que le physique est la première chose que l’on remarque et l’on ne peut humainement pas faire totalement abstraction de lui (à moins d’être aveugle, bien entendu).
        Justement, ce que tu dis sur la réappropriation du corps, pour ce que j’en sais, fait aussi partie d’un angle du body positivisme. En fait maintenant le truc est devenu tellement énorme qu’il y a plusieurs branches, dont celle-là, à mon avis. Donc tu m’as l’air d’être une body positiviste qui s’ignore ! 😉 Ceci dit le body positivisme pose aussi problème parce qu’il risque de culpabiliser les personnes qui n’arrivent pas à s’accepter. Certain body positivistes sont vraiment agressifs… c’est un peu comme pour tous les mouvements, y’a des extrémistes et des modérés, faut faire le tri !

        1. Je te rejoins sur le fait que sur certains points, les femmes ont plus de libertés vestimentaires. Rien que le fait de pouvoir aller travailler en robe quand il fait chaud. D’ailleurs je milite pour le port du short par les mecs en entreprise ;)) #TousÉgaux

          On peut faire passer de belles valeurs par la pub mais seulement si le mec qui la construit en a vraiment envie. Si ça n’est qu’un outil marketing parmi tant d’autres, je ne trouve pas que ça fonctionne :/ (c’est mon avis, bien sûr). Tu as raison concernant Eva Longoria : on valorise son visage. Mais n’est-ce pas ce qu’on fait tous, mettre en avant nos points forts, ceux qui nous rendent confiants ? On devrait peut-être plutôt apprendre aux gens à valoriser leurs atouts plutôt qu’essayer de les forcer à aimer ce qui les complexe.

          C’est intéressant ce que tu dis sur l’extrémisme. C’est peut-être ça le problème. La fanfaronnade de personnes trop impliquées, trop à fond. Un peu comme quand on a à faire à un vegan extrémiste. On est tous d’accord pour dire qu’il faudrait arrêter de maltraiter les animaux et trouver des solutions sur le papier. Mais quand un vegan donne son point de vue, on se sent méprisés et agressés. C’est peut-être ce qui s’est passé pour moi avec le Body Positive.

          Je trouve qu’il est très difficile d’être en paix avec son corps. On est tous passé par l’adolescence (mouahahah !). Mais même quand on est (enfin) passé du bon côté de la barrière, l’équilibre est fragile et parler en permanence du corps, de l’image qu’on représente… fait justement tanguer cet équilibre, je trouve.

          Ah je n’avais jamais fait attention au bec de lièvre de Louis XIV ! Merci, j’adore ce genre d’anecdote historique *.*
          Plus j’y pense et plus je lis d’autres avis, plus je crois que j’ai juste un système de réflexion hors norme sur ce sujet. Je sais que le physique est important dans la société mais je n’arrive pas à comprendre. J’aimerais juste qu’on s’en foute. #utopiste

          Et oui, je sais que je suis une Body Positive girl à ma manière, ahah ! D’ailleurs, si j’avais une baguette magique, j’aimerais faire en sorte que les gens soient bien dans le peau, ça solutionnerait peut-être même le problème de la guerre dans le monde, va savoir ;))

          1. C’est vrai, on essaye de valoriser nos atouts ! Enfin en tout cas c’est ce qu’il faudrait faire… mais on est plutôt dans le « devenez parfaits » : maigrissez, musclez-vous… je crois que le mieux c’est l’équilibre entre les deux.

            Effectivement, certains vegan on dirait qu’ils vont partie d’une secte x) J’ai un peu cette impression avec les jeunes communistes que je connais aussi, qui allait jusqu’à dire qu’il fallait voter Marine pour éviter le banquier… certaines personnes sont vraiment… exclusives et violentes, et comme tu dis on peut se sentir méprisé et agressé… je crois que c’est le revers de tout mouvement. Tout mouvement politique, social, religieux… a ses extrêmes. Le véganisme a ses extrêmes, le féminisme a ses extrêmes, le communisme, le catholicisme… je pense qu’il faut vraiment creuser pour trouver les différents mouvements mais le problème c’est que quand la première rencontre avec un mouvement se fait avec des extrêmes on n’a pas forcément envie d’aller chercher plus loin, et certains mouvements, comme le body positivisme, ne sont pas organisés donc trouver toutes les branches n’est vraiment pas simple voir impossible parce que tout est regroupé sous un seul terme donc les nuances ne sont pas explicitées…

            Oui, c’est vrai, parler en permanence du corps c’est toujours nous pousser à nous remettre en question sur nos certitudes, ce qui est « bien » ou pas…

            De rien ! Faut bien que ma Licence d’Histoire me serve à quelque chose x)
            Haha ! Mais on ne peut pas s’en foutre… Tu sais dans un autre commentaire j’ai parlé d’un micro-trottoir que j’avais fait. On demandait aux personnes ce qu’était leur « type idéal », leur idéal de beauté. Nous on voulait qu’ils nous disent « une fille fine, un mec musclé, etc ». Mais ils ont compris la question autrement (et comme c’était intéressant on n’a pas corrigé) et ils nous disaient tous « la beauté c’est pas important, c’est l’intérieur qui compte ». Bon, on était surprise, mais soit, admettons. Mais ensuite, on avait, plus loin dans le questionnaire, une autre question. On a dit « sur une échelle de 1 à 10 la beauté est importante à quel point pour vous ? ». On a dû interroger une bonne quinzaine de personnes, je pense. Un gars nous a dit 6 « parce que le physique c’est la première image qu’on a de quelqu’un », en gros, donc il restait cohérent avec ce qu’il disait. Deux autres filles ont dit 2-3 et étaient donc cohérente avec leur « c’est l’intérieur qui compte » mais tous les autres disaient 8 ou 9 et même un type nous a dit… 10 ! Alors qu’il nous avait soutenu que c’était l’intérieur qui comptait… et une fille nous a dit que la première chose qu’elle regardait chez un mec c’était… le visage ! Le visage ? Eeeeeh ? Mais je croyais que seul l’intérieur comptait ! On a trouvé ce paradoxe très drôle. Je pense que, tant que l’on aura des yeux pour voir on sera attiré par la beauté, on est fait comme ça. La beauté a aussi un rôle. Pourquoi les bébés animaux (les humains compris) sont-ils souvent mignons ? Pour qu’on ait envie de s’en occuper pardi ! Les couleurs des fleurs participent à attirer les insectes. La beauté est utile. Mais il y a un paradoxe très intéressant d’importance de dire que la beauté n’est pas importante… comme dans The Voice, comme je le disais. Je pense que ce truc-là serait intéressant à creuser davantage !

            Peut-être ! En tout cas on serait sans doute plus heureux… mais d’un autre côté est-ce que des choses biens, même minimes, ne sortent pas quand on se sent pas bien dans sa peau ?

          2. Intéressant ton micro-trottoir ! Mais tu sais, au-delà de la perfection physique, je crois que l’allure générale influence la relation que l’on peut avoir avec quelqu’un. Quand tu croises quelqu’un pour la première fois, tu projettes ce que tu veux sur lui, tu imagines sa vie, son nom, sa manière de penser. Tu peux même penser « il doit sentir bon » ou « il doit faire un métier artistique ». Je ne sais pas si c’est une question d’éducation ou juste une manière de fonctionner, mais je ne suis jamais dans le jugement négatif. Ça va loin parce que, pour tout avouer, on m’a déjà dit à plusieurs reprises « nan mais toi on ne te demande pas ton avis, tu trouves tout le monde beau et brillant de toute façon ». C’est vrai mais c’est très frustrant d’avoir un univers intérieur bienveillant à l’excès parce que je prends vraiment très mal les moqueries sur le physique ou les jugements de valeur. Et sans faire ma tête de cochon, je ne comprends vraiment pas ce qui se passe dans la tête des gens méchants et / ou méprisants.

            Bref, on pourrait débattre du physique et de la société pendant des heures, je crois ! Ton point de vue par rapport à tes études doit être extrêmement aiguisé. Effectivement, pour reprendre une expression bateau à souhait « de tous temps les hommes » se sont souciés de leur apparence et de celle des autres. Et oui, les choses belles sont attirantes : bébé, fruits… Je ne sais pas si c’est toujours le cas aujourd’hui mais quand j’ai passé le bac, il y avait la beauté au programme de philo !

  9. Je suis bien d’accord avec ton article mais en même temps j’ai du mal à croire qu’on s’en sortira. Après tout quand on voit que les femmes lisent BEAUCOUP sur la mode, la beauté, elles créent elles-mêmes la problématique de rapport à l’apparence et le corps non? Pour moi le souci c’est que finalement l’offre répond à la demande – hélas.

    1. Je suis entièrement d’accord avec toi. D’ailleurs je parle plus des médias dans mon article mais c’est quelque chose qu’on ressent au quotidien. Entre les femmes qui ne peuvent pas s’empêcher de te dire « profite, tu verras quand t’auras passé la trentaine », « tu verras quand t’auras eu des enfants », « tu verras quand t’auras mon âge » et celles qui refusent de craquer pour un chocolat parce qu’elles vont soit disant prendre un kilo par bouchée… C’est bon quoi. On a l’impression d’avoir une épée de Damoclès sur la tête et que tout le monde nous épie au gramme près. Les femmes les premières. Stop !

  10. Helloooo, oui je sais je date comme diraient les jeunes…
    J’ai apprécié ton article car je partage ton point de vue. Je l’ai justement relu car je compte écrire un article à ce sujet et je voulais vérifier que mes propos ne seraient pas un copié-collé.
    Je n’ai pas lu les commentaires mais je suis certaine que des choses ont été approfondies. Je trouve qu’à la base, le « body positive » n’est pas une mauvaise philosophie en soi : se sortir des diktats, arrêter de se comparer à des modèles parfaits issus de photoshop. Mais comme beaucoup de choses, on le balance à toutes les sauces. J’en viens à culpabiliser de me trouver des petits défauts parce que justement on nous crie haut et fort qu’il faut s’aimer comme on est. J’en peux plus qu’on me renvoie à mon corps que cela soit en positif ou en négatif. Le pire ? C’est que demain si je dis sur un réseau social : « je me trouve vraiment jolie », on ira crier au narcissisme.
    Ca me fatigue, j’aimerai juste qu’on nous foute la paix. J’aimerai pouvoir dire j’aime mes yeux mais j’aime pas mes seins sans qu’on ait quelque chose à redire. Etre critique avec soi-même n’est pas forcément une mauvaise chose dès lors que cela ne devient pas excessif et qu’on ne nuit pas à notre santé.
    Le corps, le corps, le corps. Quand est-ce que l’on se concentre sur notre cerveau, parce qu’on en aurait besoin…

    1. Comme je le disais dans mon article l’autre jour on parle du corps parce que tout commence de là : on se trimbale notre corps, on le traîne partout, et aux prémices de l’art : le corps. La première « vénus » préhistorique que l’on ait trouvé date d’il y a 35 000 ans. Le corps, le corps, le corps… parce que l’on ne sait parler que de ça depuis 35 000 ans 😉 (en gros je viens de te résumer mon article en trois lignes xD).

      Après c’est vrai que c’est assez paradoxal le côté si tu dis que tu te trouves moche on invoque le body positivism et si tu dis que tu te trouves pas mal c’est du narcissisme… Ça peut aller avec le côté ‘importance de la non importance de la beauté » que l’on voit dans The Voice : tous les candidats sont beaux.

    2. Hello ma biche, tu reprends du service ?! Oui !!! Ne t’inquiète pas, même si tu tiens des propos similaires aux miens il n’y a aucun souci. Je n’ai probablement rien inventé non plus. On s’inspire toujours ;))
      Effectivement, ce n’est pas un problème de body positive ou non, c’est plus l’importance qu’on donne aux corps. Peut-être nous les premières d’ailleurs, j’en sais rien, mais on ne peut pas s’empêcher de penser et pire, de dire : « il a grossi », « elle n’a pas de belles jambes », « à sa place je ne porterais pas cette couleur »… C’est juste chiant, en fait.
      Pour mettre les choses à plat : je ne suis pas mal à l’aise avec mon corps. J’y pense devant le miroir ou quand je suis en train de m’habiller mais une fois dans un environnement social, j’oublie, la vie prend le pas. En gros, si je trouve que j’ai pris du ventre devant le miroir, une fois sur la plage, je n’y penserais plus du tout. Ça vient aussi de l’éducation, j’imagine. Et de la personnalité. On n’a pas tous la chance d’être à l’aise, Blaise (il fallait que je la place :D).
      Effectivement, si tu dis que t’es canon (ce qui est vrai, soit dit en passant !), on va te taxer de narcissique. Mais si tu dis que t’aimes pas tes seins, on va te dire que t’abuses, avec tous ces atouts, comment complexer ?
      Tu sais, moi je trouve que les plus narcissiques sont justement ceux qui ne s’aiment pas. Ça n’engage que moi, bien sûr. Mais quand quelqu’un prend le temps de tâter ses bourrelets dans tous les plis et de regarder ses points noirs à la loupe, je me demande s’il ne fait pas que ça de ses journées !
      Et d’ailleurs, je trouve que tous ces mouvements autour de la valorisation du corps sont pervers dans ce sens. Ils nous poussent à nous regarder, à chercher la petite bête. Pour en revenir à mes fesses zébrées, je savais que j’avais des vergetures (je ne suis pas aveugle, merci !) mais qu’on ose me dire « nan mais t’as le droit de les montrer », ça m’a fait chier. Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais poser la question de si je pouvais ou non les exposer. Elles faisaient partie de moi comme mon nez ou mes cheveux.
      Bref, j’aimerais aussi qu’on mette l’accent sur l’intellect et qu’un jour on dise « cette fille est brillante » et « ce mec mène sa carrière du feu de Dieu » plutôt que flatter le physique en première à chaque fois :/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *